L' Homme à la fenêtre
Fenêtre sur la vie
L’homme à sa fenêtre a peur. Peur d’attendre quelqu’un qui ne viendra plus jamais, comme ce grand-père adoré.
Et Irène, complice, douce et aimante reviendra-t-elle ? L’homme à sa fenêtre attend. Il contemple la ville, les arbres, le ciel. Il regarde la lumière et les ombres, il écoute le vent.
L’homme à la fenêtre exorcise sa peur en faisant des sculptures. Il récupère des bouts de fils et de métal, et s’exprime avec ses assemblages, dans son propre alphabet.
L’homme a des amis. Il a Myriade. Elle vit dans une gigantesque serre parmi les plus belles plantes du monde mais elle ne peut presque plus les voir. Il a le philosophe, qui meurt doucement, soulagé de n’avoir plus à réfléchir. Il a Aurore, magnifique et aussi seule que lui.
L’homme a quitté sa fenêtre. Il ne veut plus avoir peur : « la peur ment et invente… La peur trouble ». Il ne veut plus partager sa douleur, il veut raconter la lumière.
Cet album est une quête. Quête d’un homme tourmenté qui cherche la sérénité, comme on cherche de l’air à respirer.
Cet album est une quête. Quête d’un langage où les dessins et les mots se frôlent pour raconter les sentiments les plus profonds. A-t-on jamais aussi bien exprimé la peur, la douleur, la solitude ou l’amour ? A lire cette BD, on doute. Les tracés noirs de Mattotti expriment tour à tour les clartés et les confusions de l’âme qui doute. Son dessin puise sa force dans ses tripes, il parle à notre inconscient. Les mots de Lilia Ambrosi dansent avec les courbes de Mattotti. Ils s’entremêlent, ils sont à la fois mystère et révélation.
Cet album est un des plus forts qu’il m’ait été donné de lire.
Marielle
07 Aout 2003
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L. Ambrosi
L. Mattotti
N&B
Editeur : Casterman Collection : Ecritures Mars 2003 - 160 Pages
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