Marvin et sa maman se rendent en ville pour y faire leurs courses et apprendre quelques recettes de pâtisserie. Mais les irascibles dragons ailés se laissent emporter par la colère, dévorent quelques manants et se retrouvent sous les verrous. Hyacinthe de Cavallère leur propose de les faire libérer s’ils assurent sa protection personnelle. En effet sa vie est en permanence menacée par des attentats. Mais est-ce lui ou son double justicier nocturne, La Chemise de la nuit qui est menacé ? Bien vite Marvin découvre que les Magiciens sont derrière tout cela…
Un album signé Blutch est nécessairement somptueux. Surtout publié en grand format noir et blanc comme c’est le cas pour cette version, avant-première de celle couleur à paraître en septembre. On peut d’ailleurs souhaiter bonne chance à Walter, le coloriste qui va devoir insérer ses teintes dans tous ces entrelacs de noir, d’une densité bien supérieure à celle du précédent album couleurs de Blutch, Vitesse Moderne !
Située dans la période Potron Minet, ma préférée, cette histoire de conspiration n’est nullement indigne. Mais elle ne soulève pas non plus l’enthousiasme… C’est de la bonne BD tout public, sans plus. Alors, confronté à tant de génie graphique, le scénario semble comme un écrin trop pauvre pour un aussi pur joyau.
Inévitablement, devant un tel constat vient à l’esprit une question de principe : quel est l’intérêt de confronter d’aussi grands talents à l’univers de Donjons ? Qu’ont gagné Blutch, Andreas, Yoann ou Mazan à cette aventure, à ce travail de « studio américain » comme le qualifient eux-mêmes Trondheim et Sfar ? D’un coté, si cela pouvait permettre à de nouveaux lecteurs de découvrir ces auteurs et de s’intéresser à leurs autres travaux, on ne pourrait que s’en féliciter. Mais est-ce vraiment le cas ? Les fans de Donjon ont-ils cette curiosité ? Il est probable que les inconditionnels de Blutch achèteront cet album. Mais l’inverse ?
Cela permet sans doute également à ces auteurs – et c’est tant mieux – d’être mieux rémunérés qu’à l’habitude, quitte, comme Jean-Christophe Menu, à faire une petite entorse à ses principes. En fait, je trouve l’exercice bien plus intéressant quand Donjon Monsters sert de faire valoir, vis à vis des éditeurs et du public, à des auteurs encore quasiment inconnus tels que Blanquet ou Vermot Desroches…
Mais ne le nions pas : si l’univers Donjon n’est pas une réussite de chaque album, il n’en demeure pas moins un lieu de confrontation des genres original et plutôt culotté… dont on espère qu’il permettra de faire sauter quelques ghettos et quelques idées reçues chez les lecteurs… et chez les auteurs !
Magnifique album de blutch!!! Ce donjon en noir et blanc est tout bonnement superbe, je le conseille vivement, de plus l'histoire est vraiment intéressante pour les fans de la série. Le personnage de marvin est fantastique. Du tout grand donjon!! david