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Gilles Hamesh
Gilles Hamesh, privé de tout
Pas de rédemption pour Gilles Hamesh
Gilles Hamesh est un dur de dur : « J’ai reçu sur la tronche tout ce qu’on peut recevoir, j’ai dû tremper les couilles dans pas mal de groupes sanguins sans faire gaffe au sexe et à l’âge de la carcasse que je baisais. J’ai sniffé la puanteur de tas de métèques et de grognasses… parce que mon job, c’est d’avoir le pif collé sur toutes ces merdes qui ne sont pas belles à voir. » Vu l’état de délabrement de son quartier, les affaires que doit traiter ce détective privé ne sentent effectivement pas toujours la rose. Qu’importe, cela lui plaît. A tel point que privé de l’odeur du sang, il se sent en manque, au bord du suicide. Ce qu’il lui faut c’est du sordide, des putes à suborner, des cadavres mutilés à autopsier. Gilles Hamesh est un détective privé… de tout sens moral.
Gilless Hamesh n’est pas une BD à mettre entre toutes les mains : ça baise, ça défèque, ça jure : « Si la merde pouvait chier, je serais son étron ! » Le personnage est immonde, ne recule devant rien, ni la scatologie ni même l’anthropophagie. Le noir absolu. Jodorowsky explique : « Après avoir recherché dans L’Incal la Conscience Cosmique, dans Alef-Thau la Vérité, dans Le Lama Blanc l’Illumination, dans Juan Solo, la Rédemption, une ombre épaisse m’est apparue réclamant une série dont l’antihéros concentrerait toute la bassesse morale du monde. »
Pourtant, malgré toute cette horreur, cette pourriture, la lecture de ce livre profondément politiquement incorrect se révèle des plus originales et des plus jouissives. Jodorowsly donne les clés de son œuvre : Gilles Hamesh « est si profondément plongé dans la réalité négative qu’il nous mène au-delà du cauchemar et, en pissant sur les anges, à un rire salutaire. » Une œuvre si extrême qu’elle en devient drôle, un personnage tellement outré qu’il en deviendrait – à notre grande honte – presque sympathique. Heureusement on est en pleine fiction, en complet délire.
Au-delà du propos outrancier, ce polar noir de suie vaut également par ses fabuleux dessins implacablement réalistes, beaux jusque dans l’immondice. Durandur (un pseudo), c’est vraiment fort.
Malgré toutes ses qualités, je conseille toutefois aux lecteurs de feuilleter ce livre avant de l’acheter et surtout, en ces temps de fête des pères et des grands-mères, de ne surtout pas y voir un cadeau approprié. Infâme ou jubilatoire, c’est à chaque lecteur de se faire sa propre opinion !
Vincent
04 Juin 2003
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A. Jodorowsky
Durandur
N&B
Editeur : Humanoïdes Associés Collection : Styx Mai 2003 - 88 Pages
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 © 2003 Durandur, A. Jodorowsky, N&B - Humanoïdes Associés
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12 Juin 2006 Totalement immoral, impuidique, immonde, hard, crash. Toute croyance s'abstenir. A planquer au fond de l'étagère derrière la bible... comme ca personne ne le trouvera (vous sortez souvent votre bible, vous ?). Un bouquin qui marque. Mais pourquoi faire une telle merde ? Pas le business, car il n'a pas du s'en vendre bcp, et l'image des auteurs est plutot degradante. L'ai-je vraiment appréciée d'ailleurs ? Peut-etre l'originalité, le choc que je recherche. Car pour un un choc, c'est un choc ! laurent
31 Juillet 2003 Le graphisme est superbe et plutôt unique et nouveau me semble-t'il, tout à fait adapté à l'ambiance poisseuse des histoires. Le personnage reste sympathique mais repoussant au propre comme au figuré. J'ai regretté que les scénarios ne soient pas plus près du polar noir car je ne suis pas sensible au genre fantastique qu'ont certaines histoires. Je reste frustré car j'ai failli adorer. Michel |
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