Achille Talon T. 44
Tout va bien !
Chichille, le retour !
Achille Talon est de retour et n'a pas pris une ride. Il vit toujours en indécrottable célibataire avec sa maman et son papa buveur de bières. Il est amoureux de la raffinée Virgule, mais leurs émois restent très platoniques et épisodiques. Depuis ses débuts, il travaille au journal Polite mais son chef, l'irascible René (Gosciny !?) aimerait désormais lui voir prendre un peu de distance... Perpétuellement en froid avec son voisin Hilarion Lefuneste, il ne peut toutefois s'empêcher de lui philosopher en rond à longueurs de journées.
Michel Greg, le papa d'Achille Talon et de tant d'autres héros, nous a quittés le 29 octobre 1999 et nous prive à jamais de son talent de conteur. Mais il avait auparavant " vendu " son Chichille aux Editions Dargaud, geste qu'il aurait ensuite regretté. Et dès avant sa mort, un premier épisode avait été réalisé par le même dessinateur Widenlocher, avec au scénario Christian Godard. Cette fois, c'est Brett, un directeur éditorial de Dargaud qui a écrit les textes, et force est de constater qu'il ne s'en tire pas mal du tout. Les dialogues en particulier sont très proches de l'original et délicieusement bavards. Certains gags ne dépareilleraient pas parmi ceux créés par Greg. Enfin, le dessin est si proche de l'original que l'on s'y méprend mis à part, il me semble, des pleins et déliés moins accentués. Il faut dire que Windenlocher n'a pas eu à forcer sa nature ayant déjà un style très proche pour sa série Nabuchodinosaure ! C'est donc un album honnête qui, au moins, ne trompe pas sur la marchandise : le nom de Greg est en couverture, mais en plus petit que celui des auteurs de l'album.
Jusqu'à présent, la BD franco-belge se distinguait de sa consœur américaine par l'appartenance des personnages à leurs auteurs et non à leurs éditeurs. Mais les choses changent. Avec la disparition de leurs créateurs, certains héros sont rachetés par leurs éditeurs, soucieux de prolonger la vie de leurs vedettes commerciales. Et, même si les repreneurs sont méritants, c'est plus le commerce qui y gagne que la créativité.
Vincent
04 Octobre 2000
|
Brett
R. Widenlocher
Editeur : Dargaud Septembre 2000 - 44 Pages
|