Comme une rivière
Remous intimes
Vladimir est un original. Il vit seul dans sa cabane depuis la mort de sa femme, et se ballade pieds nus depuis que le courant a malencontreusement emporté ses chaussures au cours d'une partie de pêche. Vraiment seul ? Non, sa femme l'accompagne toujours, il lui parle, ne parvenant pas à se faire à l'idée de sa mort. Inconsolable même, il noie son chagrin à coups de vodka locale... et s'apprête à rejoindre son aimée d'un coup de carabine... quand débarque son fils artiste, parti depuis sept ans… De leur confrontation renaîtra l'envie de vie…
Quand on dispose de plus de 100 pages pour raconter une histoire toute simple, on peut prendre son temps. Prendre son temps pour introduire le cadre de l'histoire, présenter le personnage principal… Et jouer sur des petits riens pour montrer l'évolution des personnages, illustrer leurs sentiments. Ces BD - romans graphiques ? - en noir et blanc qu'on trouve maintenant chez pas mal d'éditeurs sont un espace de liberté pour les auteurs mais aussi pour les lecteurs. D'ailleurs à la FNAC, ils ne s'y sont pas trompé et ont décidé de les classer avec les " labels indépendants " ! Un sacré hommage mais peut-être pas la meilleure façon de les vendre… Quoi que !
" Comme une rivière " se déroule à la manière d'un film pudique, sensible, délicat, avare en mots mais pas en émotions. Le dessin de Wazem croque les situations avec justesse et un trait fait de grandes hachures assez proche de celui de Blutch. Ses visages, eux, font penser à ceux dessinés par Dupuy et Berberian et d'ailleurs l'album dans son ensemble est proche de la justesse de ton d'un Monsieur Jean. Une sacrée référence pour une oeuvre - ne vous y trompez surtout pas ! - toute personnelle !
Vincent
07 Fevrier 2001
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P. Wazem
P. Wazem
N&B
Editeur : Humanoïdes Associés Collection : Tohu-Bohu Décembre 2000 - 112 Pages
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