Lone Wolf and Cub T. 2
Fleur d'hiver
Sakki, la soif de destruction, vibre.
Ogami Ittô semble en mauvaise posture : il est emprisonné et, suite à sa sanguinaire rébellion au sein de la prison, condamné à mort ! Mais l’incarcération de Lone Wolf n’est pas du fait de la justice… Loin de payer pour ses crimes, l’assassin est derrière les barreaux de son propre chef : il est là pour mener à bien une mission.
Les assassinats qu’on lui confie exigent d’Itto qu’il mette en œuvre des stratégies complexes, qui impliquent qu’il paie de sa personne, et qu’il mette en danger son propre fils. Et même lorsqu’il pense que le tout jeune garçon est en train d’agoniser sous la neige, il poursuit son œuvre macabre. Il s’agit pour lui de parfaire la Voie de l’Assassin, et pour cela ne recule devant aucune impiété, ni aucun sacrifice. Cinq aventures le mettent en scène, lui et son jeune garçon, cinq façons de raconter la geste extraordinaire d’un samouraï hors du commun, et de son fils.
Ce deuxième volume de Lone Wolf and cub ne contient que des histoires remarquables. D’abord parce qu’elles sont finement écrites et mises en scène. Ensuite parce qu’elles donnent un aperçu de ce qui fait la richesse de cette saga (qui compte 28 tomes en tout).
Chat roux, qui inaugure le volume est une histoire de vengeance qui permet de décrire les mœurs violentes du milieu carcéral tout en dressant le portrait de personnages forts, notamment féminins.
Vague de froid et La barrière sans porte mettent le plus directement en évidence la connaissance profonde que possède Kazuo Koike de l’agakure bushidô (la “Voie du guerrier”) et, à travers Ittô, du profond respect qu’il lui porte. Il n’y a cependant pas chez lui de complaisance envers un code dont il n’édulcore pas la brutalité. Les personnages de prêtres ou de moines soulignent cet aspect et le personnage d’Ittô accepte sa sanguinaire destinée avec une résignation déterminée, sans allégresse aucune.
Frère et sœur est une des premières histoires à mettre Daigoro, le fils de l’assassin, au centre de l’intrigue, Ittô étant tenu éloigné par la maladie. Le récit, touchant sans user de pathos, donne l’occasion à Goseki Kojima de mettre en scène des images fortes (les tortionnaires de Daigoro, que le jeune garçon visualise subrepticement comme autant de démons) tandis que Kazuo Koike semble s’amuser de sa propre inventivité (le samouraï qui détient Daigoro prête à Ittô une stratégie alambiquée pour expliquer ce qui n’est en réalité qu’un concours de circonstances !). Il est aussi l’occasion de dépeindre les règles rigides d’une société impitoyable envers les faibles.
La dernière histoire, Fleur d’Hiver a quant à elle une tournure originale, prenant la forme d’une classique enquête de police (dans la plus pure tradition du « Who’s done it ? ») qui est finalement (et spectaculairement) résolue par l’assassin lui-même !
Ce deuxième tome est encore une fois l’occasion de se féliciter de l’alliance de deux auteurs qui laissent libre cours à un talent hors du commun.
Une chronique signée Audrey
Invité
28 Janvier 2004
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K. Koike
G. Kojima
N&B
Editeur : Panini Comics Collection : Génération Comics Octobre 2003 - 296 Pages
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