La Meute de l'enfer T. 1
Les Compagnons de l'aigle
Mercenaires un jour, mercenaires toujours
Sixième siècle après Jésus-Christ, l’empire romain va mal. Les terres occidentales sont aux mains des Barbares, Saxons, Ostrogoths et autres Visigoths. Justinien règne sur l’Orient. Il rêve de reconquêtes et d’un monde catholique. L’impératrice Théodora, une femme de l’ombre, croit toujours aux dieux romains oubliés depuis un siècle. Au nom de Jésus, tout signe de la religion de Jupiter et de son panthéon a été détruit. Mais la légende raconte que l’empereur d’alors, par craintes de saintes représailles, a fait offrande d’une partie de ses richesses aux dieux de l’ancienne Rome. Théodora reconstitue alors une armée de cinq redoutables guerriers et guerrières, séparés depuis la mort de leur chef. Leur mission: retrouver le trésor caché.
Des cases pleines, chargées. Un trait fin, un style plutôt réaliste et un goût certain du détail. Une carte du monde antique en première page, et de longues lignes de texte de mise en situation. Au premier coup d’œil, on mesure l’empreinte historique de l’album que l’on tient entre les mains. Une bande dessinée basée sur un passé lointain mais intact, la fracture de l’empire romain. Il faut s’aventurer un peu pour comprendre que le socle de base n’est qu’un tremplin au récit fantastique. L’imaginaire de Philippe Thirault donne vie à des personnages fictifs au fort potentiel héroïque. Il le fait d’autant mieux qu’il n’a pas de monde à inventer. De l’Oiseau à l’Aigle en passant par l’Archère, tous ont une spécificité au combat, une force de caractère hors du commun et le sens du devoir. La meute, une fois reconstituée, est prétendue imbattable. Mais alors que se referme ce premier tome, le doute subsiste. Les guerriers ont vécu, le poids des années se fait ressentir et les failles, minimes soient-elles, laissent présager une épopée plus mouvementé que prévue. Et peut-être par la même occasion une série commerciale. Rien n’est impossible, même si les auteurs seraient partis pour quatre ou cinq albums seulement.
Point d’heroïc fantasy ici mais bel et bien un historic fantasy. Péplum épique mené tambour battant. On suit l’appel des soldats sans peur au combat avec engouement. Les présentations faites, on a hâte que la quête commence, même si l’on ignore tout de son réel objectif. Très vite, magie et paranormal prennent le dessus sur la bonne vieille arme tranchante. Les mercenaires de toujours ne sont plus sur un champ de bataille, ils sont en pleine mythologie grecque. Et les dieux ne sont pas contents. Les morts vivants ne perdent pas de temps pour leur faire passer le message. Bref, le rationnel initial n’a plus pied en l’espace d’une dizaine de pages. Un scénario téméraire pour un dessin correct. Le découpage, trop classique, ralentit malheureusement la foulée et la mise en couleur est irrégulière. Quelques jolis jeux de lumière mais la clarté n’est pas appropriée au récit. Le sombre aurait été assurément plus opportun. M’enfin c’est pas mal !
Nicolas
05 Mai 2004
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P. Thirault
Hojgaard
Editeur : Humanoïdes Associés Octobre 2003 - 48 Pages
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