Les Schtroumpfs T. 22
Le Schtroumpf reporter
Liberté de la schtroumpf
Devant le manque d’informations, un Schtroumpf, jusque là anonyme, décide de couvrir l’actualité du village des Schtroumpfs. « Schtroumpf à la Une » paraît d’abord par voie d’affichage, puis en quelques exemplaires sous la plume de notre Schtroumpf reporter. Frustré par un harassant travail manuscrit, il confie à Schtroumpf bricoleur la mission d’inventer une machine qui permettrait une plus large diffusion de ses nouvelles. Les gazettes se distribuent à tour de bras mais sont vites délaissées, trop élitistes (sauf pour le Schtroumpf à lunettes), pas assez populaires. Qu’à cela ne tienne, le Schtroumpf journaliste revoit ses priorités et verse finalement dans la presse à sensation. Ses canards connaissent un franc succès. Mais au fil de ses enquêtes, il s’attire certaines inimitiés, jusqu’à la censure de l’autorité locale, le Grand Schtroumpf.
Le Schtroumpf reporter est avant tout curieux, observateur de ce qui l’entoure, la nature. A l’écoute d’autrui, il constate avec effarement la facilité de distorsion de la réalité la plus anodine, du fait divers le moins sulfureux. Il est alors investi d’une mission digne: informer vrai. Mais il comprend vite qu’il doit composer avec tous les Schtroumpfs du village, ses lecteurs potentiels. Schtroumpfer comme Albert Londres, c’est fastidieux, et pour ce qu’on est récompensé ! Alors le Tintin bleu, chapeau sur blanc bonnet, cravate au cou et carnet à la main tombe très vite au ras des Schtroumpfs, se jetant à schtroumpf perdu dans une version édulcorée et racoleuse d’« Ici Schtroumpf ». L’occasion pour les auteurs de remettre en scelle deux personnages absents des derniers albums. On assiste avec plaisir au retour en force du principal centre d’intérêt des Schtroumpfs, la Schtroumpfette et son caractère de schtroumpf, ses sautes d’humeur et ses caprices. La blonde nymphette par qui le scandale arrive. Autre réapparition, celle du méchant Gargamel et son imbécile de chat, Azraël, symboles du mal, de la menace sur le monde paisible des Schtroumpfs. Un sorcier extrémiste, c’est sûr, ça fait couler beaucoup d’encre.
L’histoire de la presse version schtroumpf. C’est amusant, rafraîchissant et schtroumpfement bien vu. Parthoens et Culliford, co-scénaristes, perpétuent, avec mille et une subtilités, la parodie de la grande Histoire, celle des Hommes. Point de moral mais un humble regard critique de la société, à la portée des enfants. On y retrouve la fantaisie de nos jeunes années, dans son plus simple appareil, la naïveté y est essentielle, le charme éternel. Enfin on l’espère. Au gré d’un album, on replonge dans un monde tout petit, où l’on se sent étrangement bien. Et on est à deux doigts de remonter au grenier récupérer la collec’ de Schtroumpfs en caoutchouc dur avec lesquels on a tant joué. Oups, un schtroumpf d’égarement nostalgique ! En tout cas, Peyo peut reposer en paix, ses petits bleus sont en de bonnes mains, dix au total, c’est dire !
Nicolas
28 Avril 2004
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T. Culliford, L. Parthoens
L. Borecki
N. Culliford, J. Grandmont
Editeur : Le Lombard Novembre 2003 - 48 Pages
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