Vasco T. 20
Le Dogue de Brocéliande
BD, canal historique.
1349, le banquier Tolomei assure les risques du transport des reliques de saint Yves Hélory, tout juste canonisé. Dans cette période troublée, le trajet de Vitré à Tréguier, en Bretagne, où doit être convoyé le crâne du saint est infesté de pillards anglais. Pour protéger ses intérêts, le banquier mandate son neveu Vasco. Une ruse conduit le jeune lombard a voyager seul avec un moine illuminé sur un trajet qui traverse la forêt de Brocéliande. Vasco doit affronter d’autres mystères de la Bretagne. A la ruse de Vasco répond une plus grande duplicité encore. La malheureuse aventure trouve son épilogue bien des années plus tard.
Cet album est le dernier avatar d’une tradition de bande dessinée d’aventure historique archi-classique. Le trait réaliste extrêmement précis et méticuleux fait penser à celui de Jacques Martin, avec lequel Chaillet a travaillé sur les derniers « Lefranc ». Comme le reste de la série, cet album de Vasco a toutes les qualités et tous les défauts du genre.
Vasco, le jeune banquier lombard, est un personnage attachant mais qui – comme Alix – n’est pas d’une grande épaisseur psychologique. On sent bien que sa principale qualité est d’être un voyageur aventureux de profession qui permet de porter le récit partout en Europe et parfois plus loin encore. Son statut de riche marchand en fait un lettré et lui permet d’avoir du recul sur l’époque qui l’entoure.
La force de la série est sa rigueur historique. Le moyen-âge est présenté pour ce qu’il est : un monde d’une grande complexité culturelle et sociale. Ce 14ème siècle est loin de l’époque d’arriérés que l’on imagine trop souvent. Dans ce registre, le scénario est remarquable. Assez complexe, très dense, il utilise un thème très moderne : l’arnaque à l’assurance.
Si on lit cet album avec grand plaisir, il est à craindre que sa facture extrêmement classique ne le desserve. Le ton est parfois un peu trop sérieux et prend trop peu de recul avec la précision historique. Il est probable qu’un lectorat maintenant habitué à une narration plus échevelée n’y trouvera pas son compte.
Gwael
18 Fevrier 2004
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G. Chaillet
G. Chaillet
Editeur : Le Lombard Novembre 2003 - 48 Pages
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