Fille perdue
Les défis de Beth
Beth est une adolescente encore en âge de partir en camping avec ses parents et sa petite sœur. A mi-chemin entre l’enfance et le monde adulte, la môme fait sur la route des vacances la rencontre d’une jeune fille, la « fille perdue ». Est-elle « perdue » moralement, parce que dévergondée, fumeuse de joints, voleuse… ? Est-elle « perdue » parce qu’il s’agit de cette fille mystérieusement disparue que l’on voit sur des avis de recherche ?
En tout cas, pour Beth qui l’a trouvée, elle est fascinante : elle fait tout ce qu’une gamine bien élevée n’ose se permettre. La fille perdue offre à ceux qui la regardent sans la juger, une bouffée d’air parfumée au shit. Un parfum d’interdit et d’évasion. Tentant, enivrant.
Auteur anglais, Nabiel Kanan s’est lancé au début des années 90 dans la bande dessinée. Dans la Grande Bretagne de cette époque, la BD connaît une crise sans précédent. Pourquoi le jeune homme choisit-il ce mode d’expression, alors qu’il ne baigne pas dans un bouillon de culture favorable à la BD (elle aurait plutôt une odeur de formol, la BD anglaise, à ce moment-là !) ?
Parce qu’il est doué, tout simplement. « Fille perdue » est un travail pourvu de grandes qualités graphiques et narratives. Dans cette œuvre de jeunesse, le style est d’emblée très affirmé ; il est difficile d’y retrouver une influence célèbre.
Nabiel Kanan produit un travail délicat et sensible sur un âge de la vie délicat et sensible. Beaucoup de défis dans sa démarche. Ils sont tous relevés.
Marielle
28 Janvier 2004
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N. Kanan
N. Kanan
N&B
Editeur : La Boîte à bulles Collection : Contre-jour Janvier 2004 - 96 Pages
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