L' Age de bronze T. 1
Un Millier de navires
La guerre de Troie aura bien lieu
Si la guerre de Troie nous était contée depuis ses origines. Depuis le jour où Pâris s’est découvert fils du grand Priam, souverain de la cité de Troie et grand Roi parmi les Roi. Et qu’il est envoyé par ce dernier, peu de temps plus tard, enlever sa sœur Hésione jadis enlevée par les Achéens. Mais sur son chemin, il rencontre Hélène et entre ces deux être naît la passion, une passion dévorante qu’aucune raison d’état ne saurait amoindrir. Ménélas, le mari de la belle Hélène, veut que son honneur soit réparé. Son frère, le Grand Roi Agamemnon, y voit surtout un excellent prétexte à unir tous ses alliés pour défaire, une fois pour toutes l’arrogante cité qui contrôle le détroit des Dardanelles. Il réunit donc un millier de navires.
Il sont tous là, Ménélas, Achille, Ulysse, Hélène, Priam, Hector. Tous bien vivants, tous aussi humains fougueux, tourmentés les uns que les autres. Car dans cette brillante adaptation des célèbres mythes grecs, ce qui impressionne, ce n’est pas le travail de recherche historique, littéraire fait par son auteur ? C’est que ses personnages, tous ces Héros se parent d’une épaisseur qu’on ne leur avait jamais connue. L’auteur s’explique dans sa postface : « Je voulais que ma version de l’histoire ait une apparence différente des stéréotypes de la mythologie grecque. Je ne voulais pas que mes personnages paradent (…) dans des versions romantiques de l’Armure Grecque classique et se prélassent autour des colonnes corinthiennes des temples grecs classiques. » Une recherche du historiquement réaliste (d’où l’ancrage du récit à L’Âge de bronze) mais surtout du « humainement réaliste. »
Quitte à ne pas donner trop d’importance aux Dieux : « J’ai choisi de minimiser l’aspect surnaturel afin d’insister sur l’aspect humain. Les seuls éléments fantastiques que j’ai conservés sont les rêves et les visions. (…) Ils sont très humains après tout. » Du coup les Dieux ne sont jamais montrés. Et ces prédictions pèsent comme un fatum contre les personnages peuvent toujours choisir de lutter. De croire ou non.
Avec un dessin au trait, somptueux et lisible, qui fait penser à celui d’Auclair dans Bran Ruz, il mène son récit de manière fluide, n’usant que rarement de textes off, donnant, encore et toujours la parole à ses personnages.
Une grande œuvre, qui ne fait que commencer. Et qui a déjà reçu par deux fois, en 2001 et 2003, un Eisner Awards. Gageons que cette série va rapidement devenir incontournable pour tous les lecteurs, amateurs de BD ou non !
Vincent
10 Mars 2004
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E. Shanower
E. Shanower
N&B
Editeur : Akileos Janvier 2004 - 208 Pages
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