Planetary T. 1
Terra Incognita
Les explorateurs du fantastique
Dans un bar miteux perdu au milieu de nul part, Elijah Snow misère devant un café exécrable. Arrive la mystérieuse Jakita Wagner qui lui propose un « boulot » en échange d’un salaire conséquent mais surtout la garantie d’une identité cachée pour cet homme qui a toujours voulu effacer les traces de son existence. S’il accepte, il devra aussi mettre tous ses talents et ses souvenirs aux services de son nouveau patron … Et Snow a des souvenirs d’une centaine d’années d’existence même s’il semble seulement âgé d’environ 40 ans. Bien sûr, il donne son accord et se retrouve à New York dans le quartier général de l’organisation « Planetary » financé par un mystérieux quatrième homme que personne ne connaît, pas même Jakita qui est pourtant le plus vieux membre de cette organisation. C’est dans ce bâtiment qu’Elijah rencontre pour la première fois le troisième membre du groupe, le « batteur ».Celui-ci a la capacité de parler aux machines, du moins c’est ce qu’il prétend ! Mais comme le dit Jakita : « il est un peu malade ». Ainsi réunis, Elijah apprend enfin pourquoi il a été engagé. La mission du groupe est très simple : aller à la recherche des phénomènes extraordinaires qui peuplent notre planète. Combat contre des mondes parralèlles, mission sur une île où meurent des monstres légendaires, vengeance d’un fantôme ou création d’un messager divin … Rien ne doit leur échapper.
Ce premier tome comporte les quatre premiers numéros de cette série qui a fait un malheur outre atlantique (la meilleure preuve est l’introduction faite par Alan Moore au début de ce volume ). Warren Ellis est un auteur anglais très particulier : doté d’un humour noir et tranchant, il ne cache pas ce qu’il pense et cela transparaît très clairement dans ses scénarios. Il a sut s’imposer dans le monde du comics grâce à ce ton anglais qui tranche avec celui des autres productions. Mais dans Planetary, il s’est déchaîné… Si chaque auteur à son œuvre fétiche : Alan Moore et son Watchmen , Franck Miller et son Sin City, pour Warren Ellis, c’est Planetary sa plus grande réussite. L’histoire qui par certains côtés fait pensé à un étrange mélange entre Indiana Jones et X-files, est truffé de clins d’œil qui touchent à tous les genres, de la Bd au roman jusqu’au cinéma. Tout passe sous le regard d’Ellis comme un grand hommage à toutes les cultures de l’imaginaire et sans véritable distinction entre elles.
Le trait de Cassaday colle parfaitement à l’histoire écrite par Ellis. Certes, c’est un style très particulier et il est vrai que les deux premières parties sont plus ou moins réussies et que le grand format ne convient guère à son trait clair et épuré. Mais dès le troisième, on sent une technique plus assurée et Cassaday nous démontre qu’il peut nous livrer des planches réellement sublimes. D’ailleurs la troisième partie de ce tome - qui est sûrement la meilleur - montre à quel point Cassaday se casse vraiment la tête graphiquement.
Quant aux couleurs de Laure Depuy, bien que faite par ordinateur, elle rajoute un plus aux dessins de Cassaday et n’utilise jamais de ces effets excessifs qu’on peut reprocher à ce type de couleurs.
Planetary est une excellente série qui montre que les comics même de grosse production peuvent être intelligents et s’éloigner des histoires de super héros en costume moulant. Le scénario titille l’esprit du lecteur tout en le divertissant, un cocktail tellement rare qu’il est à noter. Juste un petit reproche à l’éditeur pour ne pas avoir repris dans cette édition les couvertures des différents numéros de Planetary qui montraient pourtant les références qu’utilise Ellis dans chaque numéro.
Une œuvre à part, intelligente et bourrée de référence qui titille notre imaginaire et notre culture.
Stéphane
12 Décembre 2001
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W. Ellis
J. Cassaday
Editeur : Soleil Octobre 2000 - 98 Pages
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