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Une Aventure rocambolesque de... T. 2
Vincent Van Gogh - La Ligne de front
Peinture de guerre
En ses années 1914-1918, il y a quelque chose que le Président du conseil ne parvient pas à comprendre : « Partout, nos soldats renâclent à l’effort, se plaignent, geignent comme des pédérastes… C’est tout de même fâcheux sachant que nous avons une guerre à gagner. » D’après ce politicien confortablement installé dans son fauteuil, ce ne peut être la perspective de mourir qui refroidit ces bougres : « Si l’on n’y risquait pas la mort, la guerre serait somme toutes très ennuyeuse. »
Lui vient alors une idée de génie : envoyer au front un peintre qui devra lui faire parvenir des tableaux représentant l’esprit de la guerre. Il pourra ainsi mieux appréhender la réalité du terrain, sans pour autant renoncer à son petit confort. Pour cette mission, il choisit Vincent Van Gogh, peintre ramené au silence – grâce à un prétendu suicide – suite à l’échec de sa mission pour « éradiquer le cubisme ». Le génie aux tournesols – un peu trop jaunes, non ? – part donc au front escorté d’un général…
Le travail de Manu Larcenet présentait deux facettes : les histoires délirantes et parodiques de Fluide et ses écrits intimes publiés aux Rêveurs (des chefs-d’œuvre trop peu connus tels que On fera avec ou Presque). Il entame depuis quelque temps une fusion de ses univers avec, par exemple Le Combat ordinaire, œuvre de fiction ancrée dans son propre vécu … Avec la série Une aventure rocambolesque de…, le tout récent lauréat d’Angoulême réussit à utiliser la parodie autant pour exprimer son point de vue sur les choses que pour nous faire rire.
Depuis Presque, on savait Manu résolument antimilitariste. Avec La Ligne de Front, il confirme de belle manière son dégoût pour la guerre. Sous une couverture en forme d’hommage à Tardi – point de référence incontournable sur La Grande guerre – cette BD sait se faire aussi drôle que poignante, aussi réaliste qu’onirique. Il peint avec émotion et dérision le sort des poilus, parsemant son discours d’humour noir particulièrement bien senti : « Tant que vous appelez Dieu, c’est que tout va bien mon général… C’est quand vous réclamerez votre mère qu’il faudra commencer réellement à vous inquiéter… »
Il faut dire que Manu Larcenet fait désormais ce qu’il veut avec son graphisme : il peut enchaîner une scène gros nez, des gros plans noirs, des plans larges réalistes sur le champ de bataille, donner aux toiles de Van Gogh des faux airs de Toppi, inclure des images oniriques en noir et blanc. Il a désormais les moyens de mettre en scène ce qui lui plaît : son dessin suit toujours.
A force de noircir des pages, le dessinateur de Petits Mickeys, admirateur complexé de ses pairs, est devenu grand. Immense même… Espérons que le succès, la reconnaissance et la venue d’événements heureux dans sa vie ne couperont pas ce grand angoissé de sa divine inspiration. Qu’il continue, comme son Van Gogh, à vouloir « faire exploser son désarroi à la face du monde. » Même si ce désarroi est désormais – tant mieux pour lui – moins intime…
Vincent
07 Avril 2004
Cette réflexion sur la confrontation de l’art et de la guerre bascule constamment entre drôlerie irrésistible et noirceur absolue !
Le caporal Vincent Van Gogh rejoint le front, chargé de peindre la réalité de la guerre. Trimballant déjà son enfer personnel, ce peintre de la modernité donne une interprétation de la boucherie de 14-18 qui ne convient guère à ses supérieurs.
Après avoir cuisiné Freud et Robin des Bois à la sauce absurde, Manu Larcenet s’attaque ici à une autre personnalité mythique, avec son dessin incisif et sa verve habituelle !
Gilles
15 Juin 2004
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M. Larcenet
M. Larcenet
P. Larcenet
Editeur : Dargaud Collection : Poisson Pilote Avril 2004 - 48 Pages
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 © 2004 M. Larcenet, P. Larcenet - Dargaud
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10 Fevrier 2006
laurent
02 Juin 2005 Mélangé histoire et fiction, humour et desespoir, "faire exploser la palette chromatique et éclabousser le monde de mon désaroi". Ainsi est posé l'idée de la ligne de front. Le paradoxe est énorme. Van gogh, réscussité pour l'occasion ne pouvait qu' être l'antithèse la plus parfaite de la représentation de la guerre qu'on se fait habituellement. Noire, grise et sombre. Comme si les guerres ne débutaient pas en été. Ici, Larcenet exprime à travers toute son humanité l'horreur et l'absurde de la guerre. A travers le rapprochement du "gradé planqué", la fuite des déserteurs ("n'êtes vous pas senser tuer ceux d'en face ?"), les engoulevents... A travers nombre de métaphores, Larcenet présente sa guerre. Celle de l'humanisme contre la connerie humaine. Finalement, n'aisse pas là la vrai bataille, la vrai guerre manichéenne qui se déroule sous nos yeux depuis des millénaires ? Gwen
15 Mars 2005
jibi
04 Décembre 2004 Un album de Larcenet mérite (presque)toujours le détour. Dépeindre la grande guerre au travers de Van Gogh est une nouvelle bonne idée. Plus noire que "les aventures De Sigmund Freud", cette histoire mèle la dérision au drame des tranchées. J'aprécie moins l'appel au symbolisme de la scéne finale. Question de goût... sakharine
02 Décembre 2004 Une histoire vraiment rocambolesque de plus signée Larcenet, qui envoie Van Gogh en mission. Tous les petits clins d'oeil aux contemporains du peintre font que c'est cet album se classe pour moi encore un cran au dessus du premier. nolex
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