Café panique
Paroles de comptoir
“Panique est un bistrot pourri, comme les autres. Plus cher que les autres. Non, l’avantage principal de Panique demeure sa position géographique privilégiée, c’est à dire à deux pas de chez moi. Quand je pousse la porte de Panique, je n’ai pas besoin de me démancher le cou pour trouver quelqu’un à qui parler, puisque je connais, au moins de vue, presque tout le monde. C’est ça le privilège de l’habitué… Et je vous prie de croire que ça vaut son pesant d’or.” A chacune de ses venues, Topor retrouve Cul-sec, Verre-en-main, Tableau noir, Pomme-vapeur… autant de personnages hauts en couleurs et qui n’ont pas la langue dans la poche !
Hasard du calendrier, voici, en quelques petits mois, deux adaptations réussies d’ouvrages gouailleurs : La Tour des miracles d’après Brassens et ce réjouissant Café Panique dû au talent d’Alfred. La clé de ces réussites : de véritables envies d’auteurs, pas des commandes. Et des artistes qui maîtrisent suffisamment leur media pour savoir mettre en image les mots, pas juste accoler texte et dessins.
Alfred se permet des pages muettes, même entièrement noires, des inserts photographiques, du noir et blanc, des délires visuels qui rendent à merveille la folie qui habite Topor. Avec un graphisme simple, bonhomme, une palette de couleur volontairement restreinte, Alfred fait œuvre avant-gardiste… en toute simplicité. On se régale à écouter les piliers de bistrot nous emmener dans leurs vies dérangées, sur-réalistes et poignantes.
Une incontestable réussite.
Vincent
21 Avril 2004
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R. Topor, Alfred
Alfred
Alfred
Editeur : Charrette Avril 2004 - 46 Pages
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