Eva aux mains bleues
Des vacances en attente de métamorphose
Eva passe l’été chez sa grand-mère et sa grand-tante, son grand-père vivant dans la maison d’à côté. Les journées s’écoulent. Les personnes âgées de son entourage ayant leurs mille petites manies, Eva établit des listes d’objets, choses, moments, métiers… qu’elle trouve étranges, voire détestables. Et elle attend avec impatience que, comme celui des autres filles, son corps se transforme.
Le talent d’Isabelle Dethan, sa délicatesse et sa grande justesse dans les récits intimistes ne sont, me semble-t-il, plus à démontrer et cet Eva aux mains bleues les confirme. Isabelle Dethan possède en outre une qualité très rare : la maîtrise narrative du temps et de sa rythmique. Ainsi, elle fragmente son récit en petits moments indépendants qui se répondent, s’imbriquent et se rejoignent, non en fonction d’un certain réalisme, mais de la vérité interne d’Eva. Nous vivons donc ici au rythme d’Eva et de ce qu’elle ressent profondément dans son corps, physique et esprit étant plus que jamais intimement liés. Par ailleurs, Isabelle Dethan rend compte de l’atmosphère si particulière des vacances d’été comme peu d’auteurs de bande dessinée sont parvenus à le faire.
Un bel album irradiant de sensibilité.
Boris
28 Avril 2004
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I. Dethan
I. Dethan
I. Dethan
Editeur : Delcourt Collection : Mirages Avril 2004 - 64 Pages
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