Isaac le Pirate T. 4
La Capitale
Retour à la terre
Isaac, le peintre devenu pirate, avait hâte de rentrer chez lui. Le voici donc revenu sur le sol de France, de retour de ses aventures maritimes, accompagné de son ami Jacques le charpentier. A Paris, les deux hommes sont accueillis à bras ouverts par le père d’Isaac. Le jeune peintre aimerait revenir à ses chevalets, se faire une place dans le monde des beaux-arts et surtout retrouver son Alice adorée. Mais la belle a changé d’adresse… Et bientôt Isaac et surtout Jacques se retrouvent embrigadés par une bande de voleurs. Le démon de l’aventure ne les lâche plus.
Indéniablement, Christophe Blain possède un immense talent tant de dessinateur que de conteur d’histoire : son dessin réussit à être réaliste, naturel et en même temps expressif, caricatural dans le bon sens du terme. Son usage original de lignes fines (ou hachures longues) lui permet de camper des seconds plans, des décors à la fois sombres et saisissants, qui captent juste ce qu’il faut de lumière. Grâce à eux, chacune de ses ambiances de nuit constitue un petit moment de pur bonheur. Son art du découpage lui permet de jouer sur les ellipses sans pour autant que le fil de son propos ne s’effiloche. Refusant l’usage de voix-off ou d’un récitant, il parvient pourtant, par son sens du dialogue, de la mise en scène et des expressions des visages, à rendre intelligible les émotions de ses personnages.
Je suis par contre plus réservé sur la présumée originalité d’Isaac le Pirate, sur la rupture que cette série constituerait par rapport à celles qui l’ont précédée. Rien que dans le domaine des épopées maritimes, cela fait maintenant plus de quinze ans que Frank Le Gall a envoyé Théodore Poussin, un non-marin, sur les mers du globe, tenant un propos très humain, donnant une densité inusitée à son personnage, usant d’un dessin semi-réaliste original et en constante évolution. Le premier tome d’Isaac le Pirate était brillantissime. Mais le troisième moins réussi et moins accrocheur.
Ce dernier tome, La Capitale, redonne de l’allant à la série, renoue avec la quête amoureuse du peintre, campe un nouvel univers passionnant, celui des bas-fonds parisiens. On est à nouveau pris par l’intrigue et toujours porté par l’Art de Christophe Blain. Mais l’excellence de la réalisation suffit-elle à dire qu’Isaac le pirate se distingue fondamentalement d’une série de BD “classique” ?
Si vous cherchez un livre de Christophe Blain au propos réellement surprenant, à l’ambiance décalée, surprenante, à l’intrigue captivante, poétique, lisez Hiram Lowatt & Placido, une série de contes fantastiques écrits par David B. dont le troisième tome se fait cruellement attendre…
Vincent
25 Aout 2004
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C. Blain
C. Blain
Yuka, Walter
Editeur : Dargaud Collection : Poisson Pilote Juillet 2004 - 48 Pages
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