Sept balles pour Oxford T. 2
La perle
Enquête personnelle
Oxford est détective privé. Septuagénaire entêté, il s’est toujours refusé à prendre sa retraite, convaincu d’en avoir encore sous le pied. Mais une promesse solennelle et intangible lia, une dernière fois, son destin à l’arme de sa vie. Il a juré à sa femme, mourante, qu’il raccrocherait définitivement… mais pas avant d’avoir complètement vidé son chargeur. Sept balles, sept albums. Le premier était réussi, l’enquête rondement menée. Le second ne faiblit pas. Oxford si ! Il refuse de vieillir mais ne peut que constater quotidiennement les dégâts du temps. Sa mémoire lui fait défaut, ses réflexes le trahissent et Ruthy lui manque. Le moindre mètre carré de son appartement lui rappelle sa bien aimée. Alors il décide de le quitter et part s’installer dans l’entrepôt désaffecté de son beau frère, laissant à sa petite fille l’opportunité de prendre son indépendance. En plein déménagement, il s’aperçoit que son arme a disparu. Il passe en revue chacun de ses cartons, en vain. Déboussolé, au pied du mur, il mène l’enquête. Coûte que coûte, en dépit d’une mémoire immédiate défaillante, il doit retrouver son revolver et l’intégralité de ses munitions, qui sont autant de vies pour le Privé.
Le trio ibérique livre là un polar original, au rythme soutenu et au scénario habillement tissé. En filigrane, se profile la trame unitaire d’une série qui s’emballe, indépendamment des tribulations d’Oxford. Le dessin est classique et pêche un peu en mouvement mais le découpage serré s’adapte, lui, parfaitement à l’intrigue dont on devient rapidement complice. Certaines planches s’avèrent oppressantes, lorsque les cases s’imbriquent les unes aux autres, et nous incitent à tourner plus vite encore les pages d’une bande dessinée que l’on finit par dévorer. Enquêteur de choc, Oxford se révèle plus que jamais une personne âgée affaiblie, un anti-héros par excellence, aux prises avec un futur inéluctable. Le polar de façade s’estompe en finesse vers plus d’humanité (quoi que) mais il est trop tard, on est pris au piège. Et on le suivra jusqu’au bout.
Nicolas
09 Juin 2004
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Montecarlo, J. Zentner
M. Gaù
Editeur : Le Lombard Collection : Polyptyque Mai 2004 - 48 Pages
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