The punisher - Born T. 1
Born
Mais pourquoi est-il si méchant ?
On croyait que « the punisher » était devenu un implacable justicier à la suite du massacre de sa famille par des malfrats dans Central-Park. Hmm, les choses sont moins simples… Dans cet album, « Born », on découvre le punisher avant le punisher, au moment où il n’est que le capitaine Castle, pataugeant dans le bourbier d’une guerre du Viet-Nam finissante et déjà perdue.
On découvre un homme inflexible et déterminé aux décisions froides et efficaces, à la justice déjà expéditive. Un parfait officier qui parvient encore à motiver une poignée de soldats et à maintenir un minimum d’ordre dans une base avancée oubliée et peuplée de junkies et de paumés. Mais derrière le héros pointe une trouble fascination pour la violence. Et quel mystérieux démon lui susurre à l’oreille ? Quel marché lui propose-t-il au cours de cet angoissant compte à rebours qui égrène les derniers jours de la base ?
Un album qui nous entraîne dans la sale guerre du Viet-Nam. Dans une histoire très prenante, un jeune soldat qui rêve à la quille prochaine chronique les derniers jours de la base et les prémices de la mutation du capitaine en « the punisher ». C’est violent, très violent, répugnant parfois, mais ça marche !
L’histoire mélange le récit de guerre réaliste, la métamorphose de Castle en « the punisher » et les réflexions d’un pauvre gars jeté dans l’enfer. C’est trois points de vue donnent un rythme haletant et évoque le Viet-Nam sans aucun manichéisme. De même que les méthodes du Punisher pour lutter contre le crime seront terribles, les pratiques du capitaine Castle sont inquiétantes. Que ce soit les actions du héros ou les actes de l’Amérique au Viet-Nam, la question est la même : la fin justifie-t-elle les moyens ? On sent que de même que la frontière entre le justicier et le tueur psychopathe est parfois mince, la limite qui sépare le héros du criminel de guerre est trouble.
Le graphisme parvient à recréer l’ambiance de peur et de décrépitude. Il oscille entre des passages au réalisme quasi-photographique, des scènes d’action expressionnistes et quelques incursions à la limite de la caricature. La couleur joue son rôle dans les déchaînements rouges et lumineux des balles traçantes ou des grenades comme dans l’évocation du crépuscule sur la jungle.
Un éclairage nouveau sur un héros.
Gwael
02 Juin 2004
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G. Ennis
D. Robertson
Editeur : Panini Comics Mars 2004 - 80 Pages
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