Ariol T. 5
Karaté !
Sempéïen
Il ne manque plus qu’une seule vignette à Ariol pour compléter sa collection d’images du Chevalier Cheval : il se rend donc avec Ramono chez le marchand de journaux, M. Begossian, pour acheter de nouveaux paquets d’autocollants. Dans le magasin, M. Pipolini s’irrite : « C’est un scandale, ces vignettes. Une arnaque ! Tu devrais avoir honte de vendre ça à ces pauvres enfants, Begossian ! » Pipolini était lui-même collectionneur de ces fichues vignettes lorsqu’il était enfant. Lui aussi s’est fait avoir. Mais maintenant, il sait : « Ceux qui les fabriquent sont des voleurs ! Et ceux qui les vendent sont les complices des voleurs ! »
Ariol est tout sauf une bande dessinée pour enfants branchée. Elle court plus facilement le risque d’apparaître surannée que complaisante avec l’air du temps. Mais la poésie, la tendresse, la grâce de ses dessins l’empêchent de tomber dans cet écueil. Sans aucun doute, Emmanuel Guibert puise dans ses propres souvenirs pour imaginer ces petites histoires du quotidien où chaque lecteur se retrouve avec plaisir, gamins actuels aussi bien qu’anciens gamins.
Outre la pertinence des situations, Ariol charme par son aspect fable : la nature animalière de ses personnages ajoute une touche de décalage et de douce morale à l’histoire, chaque race ayant – ou croyant avoir – ses propres spécificités ou goûts. Les dessins de Marc Boutavant – auteur reconnu dans le livre jeunesse – ajoutent à l’hamonie et à la poésie de l’ensemble par son trait faussement naïf, d’une redoutable justesse et efficacité.
Ariol évolue dans un univers crédible, aux couleurs de l’enfance. A l’image d’un Jojo d’André Geerts en bande dessinée ou surtout des dessins de Sempé, par exemple ceux réalisés pour Le Petit Nicolas.
Vincent
29 Septembre 2004
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E. Guibert
M. Boutavant
Editeur : Bayard Jeunesse Collection : BD Album Septembre 2004 - 48 Pages
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