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(A)mère
Les Traces amères
L'année du bac, j'écoutais souvent France Culture : ça le faisait bien. Un jour, le journaliste citait Je-ne-sais-plus-quel-grand-poète dans « Les traces amères ». Vite, vite, je notais studieusement la référence entendue mais réalisais quelques minutes après que cette oeuvre n'existait pas : il s'agissait en fait des « Lettres à sa mère ». Un psy se serait amusé à interpréter ma méprise : c'est vrai que les mères laissent des traces... Ce souvenir personnel ressurgit devant le titre de cette magnifique bande dessinée : (A)mère. Qu'en dire ? Tout est dans le titre...
Cette oeuvre-là est une authentique lettre à une mère, une lettre amère, racontant des souvenirs amers, sur une mère si amère qu'elle est devenue alcoolique.
Raphaël Terrier, l'auteur, a 22 ans. Il a voulu, comme les enfants, s'exprimer par le dessin. Il a judicieusement choisit d'avoir un trait naïf, afin de mieux faire comprendre les sentiments de l'enfant qu'il a été. Et, nous le voyons bien ici, les enfants ne savent pas faire dans la demi-mesure : Raphaël est violent dans son amour, violent dans son rejet. Le ton de cette bande dessinée autobiographique n'a rien de larmoyant : sa crudité est une forme de pudeur. Raphaël n'étale pas d'impudiques détails, il va à l'essentiel, dégage les rouages de son drame et l'implacable logique de survie qui l'a poussé de l'avant. Une oeuvre catharsique, peut-être, mais surtout un message sur les problèmes liés à l'alcoolisme.
On s'arrête là pour le domaine des sentiments de l'enfance : Raphaël Terrier est surtout un excellent bédéaste, redoutable dans sa maîtrise de la narration. Cette première oeuvre est originale, courageuse et bouleversante. Elle révèle un être, un auteur plein de talents.
En dépit de sa jeunesse, Raphaël Terrier a su creuser aux tréfonds de son âme et livrer le meilleur de lui-même. En cela aussi, il est impressionnant. La vie va continuer de le faire grandir, son art va continuer de se grandir. Voilà un auteur à ne pas surtout pas perdre de vue, et nous serons heureux d'avoir assisté à un si beau début.
Marielle
10 Novembre 2004
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R. Terrier
R. Terrier
N&B
Editeur : La Boîte à bulles Collection : Contre-coeur Septembre 2004 - 96 Pages
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 © 2004 R. Terrier, N&B - La Boîte à bulles
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08 Septembre 2005 Si vous n'avez qu'UNE BD intimiste à lire, c'est celle-là. Chapeau bas, M. Terrier. Il faut avoir un grand coeur pour digérer et accepter toute cette histoire, et être un grand artiste pour nous la restituer avec autant de tact, de pudeur et de professionnalisme.... C'est vraiment du grant art. J'ai particulièrement apprécié l'image de la mère, dont on ne voit justement que la silhouette, et son visage, qui se résume au contour de ses cheveux. Une petite ellipse, qu'on trouve évidente, après coup. ... Un petit bémol, toutefois ... sinon, du haut de ses 22 balais, il va nous prendre la grosse tête, le petit Terrier.... bémol donc: LE LETTRAGE !!! C'est des fois difficilement lisible !!!! Je dis ça, mais en même temps je sens qu'une histoire aussi intime, devait être racontée par l'auteur lui-même, avec tous les moyens dont il dispose, et l'écriture en fait partie. Résumons : chers (futurs) lecteurs oubliez l'ennui de "La Pluie" et jetez-vous dans la douleur d'"(A)mère"...
laure
16 Novembre 2004 Outch ! On ne peut être que touché par ce travail introspectif qui relève de la psychanalyse et de l'exorcisme ! C'est carrément boulversant cette cofession d'un encore si jeune homme sur sa propre mère, son rapport à lui, son problème d'alcoolisme... C'est mis en page de façon remarquable et implacable ... mon bémol (note 4) vient du dessin. Si je trouve ces trais formidablement adaptés à l'histoire, je ne les aime pas ... C'est totalement subjectif ! Je vois cet ouvrage devenir un classique... touchant au coeur des relations mère/fils. Bravo Diane |
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