Les armées du conquérant
Armée de sauvages
Un conquérant invisible, une armée invincible, sans foi ni loi. Ni légionnaires, ni mercenaires, ces hommes ne font qu’avancer, détruisant, pillant et violant tout sur leur passage.
Drôle d’impression que d’avoir cet ouvrage hommage entre les mains. En 1977, Jean-Pierre Dionnet, l’un des pères fondateurs du «Métal Hurlant» de la grande époque, scénarise «Les armées du conquérant» et laisse au défunt Jean-Claude Gal le plaisir et l’honneur d’y sacrifier ses crayons anthracites ô combien affûtés. Le graphisme chargé, détaillé, ultra-réaliste est une merveille, sans pour autant égaler la puissance d’un Diosamante (Gal et Jodorowsky). Désolation dans l’ère du temps, le noir et blanc originel a été sacrifié dans la présente édition au menu profit de la couleur, pour ne pas dire de la fadeur, du coloriste spécialement dépêché pour l’occasion, sir Dan Brown. On sent bien qu’il y a des heures et des heures de boulot pour habiller le bébé mais l’effort est vain et dépréciant.
L’armée du conquérant, c’est une succession -dépourvue de liens évidents- de cinq récits courts, de Nouvelles guerrières, sanglantes et immorales. Dionnet s’est appliqué à rassembler la substantifique perversité de la nature humaine pour donner vie à l’armée la plus barbare, la plus sauvage de tous les temps. Pas d’orques, pas d’aliens, que des hommes sans scrupule, froids comme la glace, épris du mal le plus extrême. Pour les villages et les cités sorties de l’imaginaire prolifique du scénariste, point de salut, pas l’once d’une pitié, que de l’honneur mal placé. Malheureusement, lues en bloc, ces toutes petites histoires ennuient un peu, énervent surtout lorsque la chute s’apparente davantage à une queue de poisson. Si vous avez déjà lu ou si vous possédez l’une des précédentes éditions, il n’est pas franchement indispensable de se jeter sur celle-ci, un coup d’œil devrait suffire.
Nicolas
25 Aout 2004
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J. Dionnet
J. Gal
Editeur : Humanoïdes Associés Juin 2004 - 64 Pages
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