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Télémaque
Ce n'est pas vraiment Ulysse 31 !
Télémaque est un jeune autiste qui s’enferme dans un monde nourri aux mythes grecs. Cela lui est d’autant plus facile qu’il évolue dans Marseille et croise des vestiges qui le ramènent aux origines de la cité phocéenne. Petit à petit, ses pensées/délires/fantasmes trouvent un écho dans la réalité, certains habitants luttant contre les autorités de la ville qui veulent faire table rase du passé.
Télémaque est une œuvre véritablement fascinante, même si elle est d’un abord difficile. Comme à l’accoutumée, David Calvo construit ici un récit riche et complexe, par ses références, son propos et son découpage. Télémaque est un personnage perdu dans une ville qui l’est également ; resté dans le passé, il doit se confronter à une cité qui s’apprête à éliminer celui-ci. Alors, au fur et à mesure de l’avancée du récit, le propos s’explicite et la tension monte, Télémaque étant en quelque sorte un thriller à retardement. La qualité de cette œuvre est d’autant plus grande que les auteurs captent l’air du temps d’une Marseille - ville dans laquelle ils vivent - indécise, conférant ainsi, sans avoir l’air d’y toucher, une réelle dimension documentaire à cet album. La grande force de ce dernier provient également du dessin de Thomas Azuélos. Celui-ci joue sans cesse sur des impressions de flou, n’hésitant pas à recouvrir le trait net de son dessin de grandes zones de couleur traitées comme des taches et répandues au-delà des figures ou, au contraire, à privilégier un trait au contour vacillant mis en valeur par des couleurs franches. Fortement expressif, parfois faussement naïf, ce dessin véhicule une poésie à la fois violente et tendre, parfait complément au texte de David Calvo.
Boris
13 Octobre 2004
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Calvo
T. Azuélos
T. Azuélos
Editeur : Carabas Aout 2004 - 56 Pages
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 © 2004 T. Azuélos, Calvo - Carabas
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10 Fevrier 2006 Voilà une bd excessivement étrange, à tel point qu'on peut se demander si "bd" est le mot qui convient. Au terme de la lecture, ce qui me vient à l'esprit serait plutôt la notion de "poème", un long chant mythologico-maladif, un récit fait de contemplation et de douleur de la psyche, un peu comme ce qu'a pu écrire Fernando Pessoa (toute proportion gardée). C'est clair, cette bd ne pourra pas être lue par tout le monde, seuls les lecteurs prêts à se laisser emporter par les dimensions oniriques de l'histoire se laisseront prendre. Personnellement, j'étais prêt au voyage, et je n'ai pas été déçu, que du contraire. Une bd qui figurera en bonne place dans ma bédéthèque..
b1p
20 Octobre 2004 un chef d'oeuvre, purement et simplement, qui donne une nouvelle dimension au terme de roman graphique. déroutant, fascinant, effrayant et, finalement plus pôétique que n'importe qu'elle poésie d'aujourd'hui heraklit |
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