Hariti T. 3
Toutes les sèves de l'aurore
La vie, malgré tout.
Mère jalouse voire exclusive, Hariti a tué Faro parce qu’il était trop proche de sa fille… Accablant le jeune défunt de tous les torts, elle décrète son corps tabou et veut l’écarter du cycle de vie. La vieille Reine pense pouvoir ainsi maîtriser toute chose en son Royaume, éliminant un prétendant à la couronne et reprenant le contrôle de sa fille, Assia, dont elle entreprend de purifier l’esprit à l’eau de l’oubli… Mais les Dieux risquent de ne plus laisser faire celle qui s’est désormais arrogée trop de pouvoirs.
Il est possible qu’Hariti ne donne pas une idée parfaitement juste de l’Afrique. Je ne suis pas capable d’en juger. Et surtout peu importe : Nicolas Ryser et Igor Szalewa inventent une Afrique mythologique, rêvée, d’une telle puissance que l’on se moque bien de savoir si elle est ou non ethnologiquement correcte. Elle cadre en tout cas parfaitement avec l’image – naïve – que l’on se fait des croyances ancestrales du continent noir.
Au fil des pages de ces trois albums, le dessin de Nicolas Ryser s’est légèrement posé, a gagné en lisibilité sans rien perdre de sa fougue, de ses couleurs brûlantes. Les corps sont noueux, tordus de passion, les visages expressifs, ses compositions autant d’invitations au rêve. Igor Szalewa lui offre un texte fait pour la démesure, avec un personnage principal plein de haine et de convoitise, un recours permanent à la magie, aux esprits… Cet appel permanent au merveilleux ne dérange nullement car il est principalement source de tragédie et de poésie.
Hariti est un conte sur la maternité d’une beauté étourdissante. Alors, laissez-vous porter et même emporter…
Vincent
13 Octobre 2004
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I. Szalewa
N. Ryser
N. Ryser
Editeur : Glénat Collection : Grafica Septembre 2004 - 48 Pages
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