Un jour, le baron de Sigognac, noblaillon sans fortune, reçoit en son peu reluisant domaine la visite d’une troupe de théâtre cherchant à s’abriter de la pluie. Après plus ample connaissance et de longues hésitations, il décide de suivre les comédiens itinérants et de partir à la découverte du monde. Un choix auxquels les yeux troublants de la belle Isabelle ne sont pas étrangers… Après avoir prouvé sa valeur en faisant fuir de pitoyables brigands qui menaçaient de les détrousser, le baron se transforme au pied levé en acteur et interprète avec panache le Capitaine Fracasse devant la noble assemblée du château de Bruyère. Après la représentation, les comédiennes subissent les avances de certains de leurs zélés admirateurs tandis que Sigognac a du mal à éviter les assauts de la plantureuse Dame Léonarde.
Ce Fracasse s’inscrit dans une collection petit format – sans nom ? – des éditions Treize Etrange (comme Némo ou Les Plombs de Venise). La faible pagination (40 pages) de chaque album est compensée par une régularité de parution (3 tomes prévus en moins de 12 mois) qui permet de connaître rapidement le fin mot de l’histoire.
Marion Mousse réussit une bien jolie mise en images du roman de Théophile Gautier. Elle parvient à se passer de voix off pour raconter son histoire et cisèle des dialogues dans une langue riche et parfaitement cohérente avec l’époque où se situe son intrigue. Son dessin – a priori au feutre – est le plus souvent tonique et émouvant. Juste quelques rares passages qui semblent un peu vite dessinés et le découpage des dernières pages qui n’est pas d’une parfaite limpidité.
Il n’en demeure pas moins que l’on tombe avec plaisir sous le charme de ce récit romanesque…