Playback
Suspicions
Elisabeth Kingsolving se retrouve soupçonnée du meurtre de son mari, un héros de la guerre revenu handicapé des combats. Elle est même déclarée coupable par le jury qui la juge. Pourtant la cour casse la décision des jurés, considérant les preuves insuffisantes et le jury influencé par la toute puissance économique et politique du père de la victime.
Sous un faux nom, la jeune femme part au Canada pour fuir l’opprobre générale et les menaces proférées par son beau-père. Au cours de son trajet vers Vancouver, elle rencontre un dandy à demi gigolo qui l’aide à prendre une chambre dans le palace où il a ses habitudes. Elisabeth accepte son aide mais ne goûte point les avances qui l’accompagnent. Peu de temps après une discute publique avec lui, elle retrouve le corps de ce Larry Mitchell raide mort sur son balcon…
A l’origine de cette bande dessinée, il y a un scénario de film écrit par Raymond Chandler et jamais réalisé. Depuis ses albums de Ray Banana (et bien avant ceux de Blake et Mortimer), on sait Ted Benoît friand des années 1950 / 1960 en Amérique. Rien de surprenant donc qu’il entreprenne d’adapter un tel scénario sous forme de bande dessinée. Mais il en a intelligemment laissé l’illustration à un dessinateur au trait plus noir, plus charbonneux que le sien : François Ayroles, l’auteur des très beaux Incertain Silence et Enfer portatif. Il faut dire qu’on est dans un polar noir, presque un huis clos, et qui plus est, se déroule essentiellement la nuit.
Les scénarios de films avortés adaptés en BD n’ont pas toujours donné d’heureux résultats (il n’est qu’à se souvenir des Trois Etoiles de Virginie Despentes ou plus récemment de L’Affaire du siècle de J.J. Beineix !)… Mais contrairement aux œuvres précédemment citées, Playback n’est pas né de la déception d’un cinéaste de ne pouvoir réaliser le film de ses rêves mais de l’envie de deux auteurs rompus aux techniques de la bande dessinée. Leur découpage, leur mise en scène et leurs images retranscrivent à merveille l’ambiance des films noirs et ne laissent s’exprimer que très progressivement les sentiments intimes de chacun des protagonistes.
Un très bon film de genre !
Vincent
24 Novembre 2004
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T. Benoit, R. Chandler
F. Ayroles
N&B
Editeur : Denoël Novembre 2004 - 120 Pages
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