Anges T. 2
Psaume 2
Mi-Ange, mi-démon
Rien ne va plus à Notre-Dame de Paris, victime de l'offensive continue des forces obscures. De petits êtres démoniaques assaillent la cathédrale à dos de pigeons. Là haut, sur les toits, les gargouilles font front mais nos deux comparses, Yésod et Jéliel, peu enclins à se faire exterminer, ne rêvent que d'une chose: quitter le lieu saint et déserter. Alors que les angelots s'apprêtent à commettre l'irréparable, le grand chef les convoque, les félicite pour leur dévouement indéfectible et les promeut anges gardiens de première classe en guise de récompense. La belle affaire! Illico presto, ils sont affectés en Bretagne, dans un pensionnat catholique perdu en pleine cambrousse. Au premier abord, leur nouvelle résidence est plongée dans le calme. Mais leur prédécesseur, dont ils assurent la relève, les met en garde, une gamine de l'institut, forcément rongée par le mal, a un comportement fort étrange, surnaturel même. Assistée d'Om, la belle infirmière, Yésod et Jéliel, s'engage à mener leur enquête à bien.
Trois ans auront été nécessaires à Dieter et Boiscommun pour "pondre" la suite de leur conte machiavélique. Malheureusement, le psaume 2 ne bénéficie pas de la fraîcheur réjouissante du premier album. Moins surprenant, moins drôle, moins farfelu aussi. Ni mystère, ni intrigue, le scénario est plus enfantin. C'est gentillet tout au plus. Tout est téléphoné, on n'est pas absorbé par l'histoire. Cela dit, les deux angelots irrévérencieux restent attachants et rigolos. Ce sont, en tout cas, des anges gardiens d'aujourd'hui, vulgaires mais sans trop en faire, gouailleurs, feignants, gaffeurs... pêcheurs devant l'Eternel. Reconnaissons d'ailleurs à Dieter sa délicieuse dérision, sans méprise de la religion.
Cela étant dit, devant le graphisme allongé, étiré, de Boiscommun, on s'incline. Ce dessinateur a un style, pour ne pas dire son style, et sa maîtrise est surprenante. Le dessin donne de l'épaisseur à la série, également portée par une édition soignée. Mais le graphisme de Boiscommun n'est rien sans sa mise en couleur métallique, aux fausses impressions de chaudes monochromies, à quelques encablures du brillant Sambre d'Yslaire. Somptueux.
Nicolas
08 Décembre 2004
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Dieter
O. G. Boiscommun
O. G. Boiscommun
Editeur : Humanoïdes Associés Novembre 2004 - 56 Pages
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