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La dernière cigarette
Calumet de la paix
Novembre 1943, Tchektariov gagne les hauteurs de Kiev où il vient d'être nommé commissaire politique, à la tête d'un bataillon russe d'infanterie. Pour la première fois de sa vie, il découvre la réalité de la guerre, les batailles, le feu, les champs de morts. Seul au milieu des bombardements, il se réfugie sous un abri, espérant un rapide retour au calme. Mais il y a déjà du monde dans la cave du cabanon. Assis face à lui, le Colonel Dorscheid, officier de la Wehrmacht. La confrontation aurait pu tourner au drame. Mais contre toute attente, le gradé allemand lui propose une cigarette contre son briquet. Ensemble, les deux ennemis officiels se grillent une clope. Quelques mots échangés, oasis de paix au milieu de la barbarie militaire. La trêve amicale, surréaliste, est éphémère. Tous les deux repartent sur le front. Peut-être ne se reverront-ils jamais. Ou peut-être que si. A l'occasion, sait-on jamais, d'une dernière cigarette. La cigarette du condamné.
Attention talent!
La dernière cigarette se fume avec autant d'amertume que de plaisir. Graphiquement, il faut bien le dire, on se prend une droite, doublée d'un uppercut, en pleine gueule. Marc Botta, illustrateur de son état, montre au lecteur l'étendue de ses compétences artistiques en adaptant la forme au temps de la narration imposée par Nikolavitch. Tantôt un crayonné brut aux traits indélébiles et jaunis marquant l'instant présent, tantôt un jet peinturluré de gouache au noir prononcé fixant un temps révolu. Les planches sont tout à la fois chargées, lourdes, sombres et pesantes. C'est magistral! Surtout les passages flash-back d'un Tchektariov tourmenté, brisé, rongé par un passé qui le renvoie à ses propres contradictions, à ses responsabilités de chef. Un bel ouvrage, co-édité par Vertige Graphic et La Cafetière, mené avec subtile philosophie par Alex Nikolavitch. Il a su trouver les mots justes et ellipser l'indicible. Il est surtout parvenu à donner un sens à l'anecdote. On cogite et on ouvre la boîte aux préjugés. La réflexion est lancée, et en s'y prenant bien, il y a des leçons à en tirer. Merci messieurs!
Nicolas
15 Décembre 2004
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A. Nikolavitch
M. Botta
Editeur : Vertige Graphic & La Cafetière Décembre 2004 - 48 Pages
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 © 2004 M. Botta, A. Nikolavitch - Vertige Graphic & La Cafetière
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11 Septembre 2008
Al
16 Mai 2005 Au scénario d'une sobriété et d'une justesse exemplaires s'ajoute une dessin d'une qualité rare - charbonneux, fort, avec de la matière, bref ce n'est ni du déjà vu, ni du ressassé, mais un style personnel, vigoureux... Je n'ai plus d'épithètes sous la main mais... j'aime ! Vraiment. wam
27 Fevrier 2005
jean-marc
29 Décembre 2004 Un graphisme éblouissant au service d'une réflexion sur la guerre ... donne une bonne courte Bd. Quelles couleur, quelle mise en page ! Des sépias, des gouaches sinistres, des noirs et blancs mordants. C'est un premier essai bd réussi pour M. Botta. Un histoire simple, réflexion sur comment on devient boureau, par lassitude, par idéologie, pour l'exemple. C'est une Bd remarquable, bien construite et intelligente ... mais si courte, seul bémol ! Diane |
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