Ernie Pike T. 2
Victimes de guerre.
La Fuite : Sur un île de l’Océan Pacifique, un militaire américain tombe aux mains de soldats japonais. Pour échapper à la séance de torture qui l’attend, il imagine toute une histoire folle qui lui permettra… de se suicider !
Convoi pour Malte : En août 1941, le Capitaine Joseph Butch escorte, à bord du Swordfish, un convoi de ravitaillement à destination de Malte, île que les Alliés veulent conserver à tout prix. Les forces ennemies ne manqueront pas d’attaquer les navires, à un moment ou à un autre de leur progression. Peu réussiront à passer. Dans un tel contexte, le marin est surpris d’observer, à bord d’un cargo, une jeune et jolie femme. Il ne sait pas encore qu’il la rencontrera bientôt, en chair et en os, après la perte de son navire.
Poilu : Passant devant une maison abandonnée, un officier allemand prisonnier se remémore la première fois où il a découvert cet édifice : plusieurs de ses hommes y ont péri de façon fort surprenante.
Avant de créer le célèbre personnage de Corto Maltese, Hugo Pratt passa de nombreuses années en Argentine. Il y travailla notamment avec Hector Oesterheld, scénariste et rédacteur en chef, dont l’engagement politique lui coûtera la vie, quelques années plus tard, aux temps de la dictature. Dans les années 1950, le graphisme d’Hugo Pratt était encore de facture réaliste plutôt classique, proche de celui d’un Milton Canif. Efficace, talentueux mais pas aussi original et poétique que ce qu’il deviendra par la suite. Même si on sent son style se mettre en place dans certains épisodes tels que La Fuite ou La Sentinelle. La mise en couleur effectuée pour cet album est plutôt réussie, jouant sur d’agréables et relativement discrètes aquarelles. Etaient-elles pour autant nécessaires ?
Les récits de guerre d’Oesterheld sont avant tout des destinées humaines. Son héros, Ernie Pike, collecte des anecdotes auprès des soldats alliés mais aussi de leurs prisonniers de guerre. D’où une grand variété de contextes et une absence de manichéisme. Autant Convoi pour Malte est de facture trop grandiloquente et apparaît comme une apologie naïve du courage militaire, autant les autres nouvelles qui composent cet album jouent dans la nuance, mettent en scène des personnages intéressants et complexes, se montrent sans illusion sur la nature humaine et les horreurs de la guerre.
Malgré un assommant chapitre, Convoi pour Malte, un album “historique” intéressant à découvrir.
Vincent
05 Janvier 2005
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H. Oesterheld
H. Pratt
M. Leone, P. Zanotti
Editeur : Casterman Collection : Auteurs Novembre 2004 - 88 Pages
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Dans la même série :
De Oesterheld H. : Che
De Pratt H. : L' Ombre
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