Nils et Angie sont jumeaux. Le premier est téméraire, prêt à tenter des expériences et à braver les interdits ; le second est profondément imprégné des valeurs religieuses de sa famille et sermonne son frère dès qu’il s’en écarte. Mais entre les deux frères, c’est à la vie à la mort. Jusqu’au jour où Nils fait la connaissance de Selma, une jeune femme peintre plus âgée que lui et qui a loué une maison à l’écart du village.
À l’image de son titre en apparence anodin qui recèle finalement la clef de l’énigme, L’ange blanc est un album duel. Durant la lecture, il se présente comme sombre et romantique, honorable mais un peu convenu. La dernière page lue, la chute intégrée, il apparaît désormais être une variation autour du chagrin qui conduit à la folie, de la morale dévorante qui incite à se ronger soi-même. Quant au dessin de Cossu, il possède la même dualité : il paraît d’abord trop volontiers réaliste et sage. On se demande alors où sont passées la fièvre et l’invention graphiques débridées de cet auteur - que, pour ma part, j’ai toujours admiré. Avec la chute et l’explicitation de la nature de l’ange blanc, on comprend mieux pourquoi le dessin s’est fait plus classique : il a intériorisé la tension et s’attache davantage à l’intimité des personnages.
Je me réjouissais d'un retour de Cossu, auteur original... qui nous a habitués à beaucoup mieux par le passé. C'est simple : j'ai lu "Angie" la semaine dernière, quelque peu déçu... et au moment d'écrire cette chronique, j'ai dû me replonger dans le résumé pour me souvenir du propos de l'album. C'est vous dire s'il est marquant.