La Station
A quelle heure, le train passera-t-il ?
Dans une immense gare, des voyageurs déambulent, attendant le train. Il y a les habitués, il y a les petits nouveaux… C’est une gare comme tant d’autres avec ses guichetiers, ses contrôleurs, sa salle d’attente, sa consigne, son kiosque à journaux. Les gens se croisent, se rencontrent, discutent, racontent les derniers ragots. Pas comme dans toutes les gares. Car ici le temps semble suspendu, dans l’attente d’un train.
Du Ionesco, du Foissy. C’est à ces dramaturges que ce joyau de William Henne fait immanquablement penser. Et sans avoir à en rougir. Car si l’absurde préside à cette comédie humaine, il ne déroute jamais, surprend juste ce qu’il faut pour amuser le lecteur, le tenir en éveil. La Station est mon premier coup de cœur BD de l’année 2005. Une divine surprise puisque je n’avais encore jamais rien lu de ce jeune auteur belge !
Un dessin plutôt réaliste au trait noir, sans doute crayonné, rehaussé par un fond de gris coloré, moiré, gratté. Les différents plans des images se détachent parfaitement. Les personnages portent, gravement, leurs émotions sur leur visage. La station, véritable cathédrale ferroviaire, prend les allures d’un temple à l’intérieur et autour duquel gravitent des fidèles…
William Henne crée une société à l’échelle réduite avec ses codes, ses despotes, ses ragots, ses amours impossibles… On ne sait pas comment ces voyageurs font pour dormir, gagner leur vie… Mais peu importe : c’est la frontière absurde du récit que l’on accepte avec d’autant plus de facilité que l’on sent les personnages debout sur une immense scène de théâtre.
Ce livre ,ne plaira sans doute pas à tout le monde… Mais il en enthousiasmera plus d’un !
Vincent
02 Fevrier 2005
|
W. Henne
W. Henne
N&B
Editeur : Cinquième couche Collection : Extracteur Janvier 2005 - 128 Pages
|