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Notes pour une histoire de guerre

Affranchis par la guerre

Dans les collines d’un pays ravagé par la guerre, trois adolescents subsistent tant bien que mal. Il y a Stéphane surnommé P’tit Kalibre, un véritable trompe-la-mort, Christian qui rêve de s’offrir une moto surpuissante et Julien, le “fils à papa” qui, lui, a encore sa famille mais préfère rester avec ses copains.

Par hasard, les trois inséparables font la rencontre de Félix, un malfrat profiteur de guerre, qui prend P’tit Kalibre en sympathie. Au point de lui proposer de reprendre ses affaires en ville, pendant que lui-même et ses hommes demeurent en zone de guerre. P’tit Kalibre emmène donc ses deux potes avec lui, entamer une nouvelle existence d’“affranchis”…


Pour leurs débuts dans la bande dessinée, les éditions Actes Sud n’ont pas manqué leur entrée avec un assortiment de traductions de très bonne tenue. En particulier, ce roman graphique noir et blanc venu d’Italie est une des meilleures surprises de ce début d’année, tout éditeur et tout genre confondus.

Son auteur, Gippi, sait à la perfection créer un univers et des personnages aussi crédibles que saisissants. Pourtant, l’entreprise était tout sauf aisé. Le thème des apprentis malfrats n’est pas des plus originaux. Le contexte de guerre civile pouvait donner lieu à tous les dérapages idéologiques, à la multiplication des poncifs. Dans Notes pour une histoire de guerre, même si le lieu et la date ne sont jamais précisés (l’auteur a tout de même dû s’inspirer des derniers conflits dans les Balkans), si la nature romanesque du récit ne fait aucun doute, le lecteur a le sentiment de se retrouver plongé dans un reportage sur le vif, un témoignage vibrant d’émotion.

Et finalement, si on trouve au style de Gipi des ressemblances avec celui de Baru, c’est moins enraison d’une certaine communauté graphique (soit dit en passant, que les lavis sont beaux ! ) que de la capacité hors norme de ces deux auteurs à savoir nous parler de notre monde contemporain… Remarquable.

Vincent
09 Fevrier 2005

Agrandir la couverture de Notes pour une histoire de guerre

Scénariste Gipi
Déssinateur Gipi
Coloriste N&B
Editeur : Actes Sud BD
Janvier 2005

A commander


De Gipi :

  • Extérieur nuit
  • Le Local
  • Ils ont retrouvé la voiture
  • S.
  • Paroles sans papiers

  • La planche
    © 2005 Gipi, N&B - Actes Sud BD

     

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    10 avis :

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    17 Aout 2009



    camille

    28 Juin 2009



    seb

    26 Mai 2008



    Al

    23 Janvier 2008


    P’tit Kalibr, Julien et Christian, trois jeunes désœuvrés au milieu d’une guerre qui ne les regarde pas. Alors qu’ils essaient de revendre divers babioles dans les villes qui sont encore debout, ils rencontrent Felix, homme violent, trafiquant. Ce dernier décidera alors de les recruter et de les utiliser comme homme de main, il fera particulièrement confiance à P’tit Kalibr avec qui il se comportera « comme un père ».

    Gipi a scénarisé à merveille cette histoire. La première qualité est le système de narration où Gipi décide de ne pas faire narrer le personnage principal (celui ayant le caractère le plus prononcé), mais un de ses « amis » qui est plus effacé, Julien. Il mettra particulièrement en avant la différence entre Julien qui est de bonne famille et ses deux amis qui n’ont d’autres choix que de survivre dans cette zone de guerre. En plus d’une histoire captivante, on observe l’évolution des personnages au fil des pages et la manière dont la guerre et l’expérience changent les individus : la manière d’agir des différents protagonistes est très différente avant et après la rencontre de Felix. L’évolution des personnages les rend plus réel et donne du dynamisme à l’histoire. La différence de caractère des protagonistes donne de très bons dialogues, l’auteur oppose P’tit Kalibr teigneux et courageux qui mène la danse, à Christian plutôt simple et matérialiste qui rêve de s’acheter tout ce qu’il n’a jamais pu s’offrir et à Julien, jeune homme de famille aisée qui ne veut que rester avec ses amis. L’histoire en elle-même est captivante car l’auteur conte une guerre, mais n’offre aucun détail, ni sur l’époque, ni sur rien ; cette guerre est à l’image de tant d’autres et les protagonistes aurait réagi de manière similaire quelques soit les raisons de cette guerre. Le flou sur l’origine et la date de la guerre permet au lecteur de mieux comprendre ce que peuvent ressentir les trois jeunes hommes.
    Gipi en plus d’être un très bon scénariste, dessine de belle manière ses personnages. On ne peut pas dire que les dessins sont somptueux, mais ces illustrations permettent de comprendre ce que peuvent ressentir les protagonistes, rien qu’à leur tête. Les flashs back bien que peu nombreux sont illustrés sous forme d’esquisse, cette méthode est intelligente car permet de mieux se repérer dans le temps.

    Un scénario somptueux dont les principaux atouts sont les dialogues et la perception de l’évolution des personnages.

    bourle

    16 Mars 2006


    Gipi est incontestablement une des révélations de 2005. Un auteur italien qui entre par la grande porte dans la BD franco-belge avec la traduction de quatre bijoux : "Notes pour une histoire de guerre", "Les innocents", "Le local" et "Extérieur Nuit" et qui rafle d’entrée le prix du meilleur album à Angoulême et le prix René Gosciny en prime pour ce one-shot "Notes pour une histoire de guerre".

    Pour moi, dans cet album de Gipi, il y a un peu de Davodeau avec le côté humain de l’histoire et de la narration et également un peu du style de Baru et en particulier de "l'autoroute du soleil", qui ajoute au côté contemporain du récit une touche d’adolescence défavorisée et caïd.

    Dans cet album divisé en trois chapitres on va suivre trois adolescents dans un pays (que l’on situe dans les Balkans) en guerre. Julien, fils à papa et narrateur de l’histoire, et deux jeunes issus d’un milieu défavorisé : Stéphane alias P’tit Kalibre qui n’a pas peur de flirter avec la mort et Christian, son fidèle compagnon.

    Ce que j’ai fortement apprécié dans cet album c’est que contrairement à d’autres récits relatant le destin d’adolescents dans un pays en guerre (comme "Déogratias"), ici on ne retrouve pas ce côté victime de la guerre. On va suivre trois adolescents qui vont se frayer une voie au milieu de cette galère et consciemment choisir le côté des profiteurs de la guerre plutôt que celui des victimes.

    Tout au long des différents chapitres on va s’attacher à ces trois personnages, les voir s’affranchir, se frayer un chemin dans la guerre, mais également dans la vie. La narration est exemplaire, parsemée de rêves brouillons de Julien, pour brillamment se conclure à la fin du troisième chapitre.

    Bref, une belle découverte cet auteur italien, dont le dessin nous plonge immédiatement dans la bonne ambiance et dont la narration juste nous accroche au destin de trois adolescents qui doivent tracer leur vie au milieu d’une guerre civile.

    Un album que beaucoup refermeront avec un sentiment de contentement, que d’autres rouvriront afin d’essayer de déchiffrer les textes en italien dissimulés dans le dessin (entre autre dans les flammes de la maison qui brûle), mais que peu iront revendre.
    yvan



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