Féroce
Psychanalyse du viking
Bödvar est de ces vaillants vikings qui n’ont peur de rien, tranchent dans le vif et tuent comme d’autres respirent. Mais voilà qu’un esprit maléfique et invisible s’attaque à tous ses compagnons, ne laissant d’eux que des flaques de sang et quelques membres. Après s’être battu avec un ours, Bödvar reste inconscient sur la banquise. Il est recueilli et soigné par un shaman et un enfant à qui il raconte son histoire et ceux-ci l’aident à identifier l’esprit et à le traquer.
Près de trois ans après Le dérisoire, Éric Omond et Olivier Supiot livrent un nouvel album habité par une poésie noire. Il s’agit ici d’un récit initiatique somme toute plutôt classique - on devine assez rapidement qui est l’ennemi si cruel de Bödvar -, mais prenant et dérangeant grâce à l’insistance avec laquelle les deux auteurs placent le viking devant son existence, ses doutes et, finalement, ses peurs. Démontant les mécanismes guerriers que mettent en place des groupes humains, comme les protections qu’un individu érige face aux autres, quitte à les agresser, Féroce peut être interprété comme une leçon de pacifisme. C’est une ode à une humanité débarrassée de toute son arrogance meurtrière qui, nue, peut repartir sur de nouvelles bases. Tour à tour sec et luxuriant, austère et lyrique, Féroce est de ces albums qui additionnent forces et faiblesses, qualités et défauts d’une manière désarmante, un indéniable charme en découlant.
Boris
16 Mars 2005
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E. Omond
O. Supiot
O. Supiot
Editeur : Glénat Collection : Carrément BD Mars 2005 - 56 Pages
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