La régression
La Régression
l'envers de l'embrouille
A peine rentré à la maison, Monsieur Hidalgo enfile ses chaussons et les glisse lourdement sous la table à manger après avoir mis le film d’action du soir à la télé. Le vieux garçon attend que sa bonne vieille maman lui serve le soupet. La mine aigri, il répond à l’interrogation de routine. Alors nan, il a pas passé une bonne journée Monsieur Hidalgo. Un sale gosse lui a volé une paire de tennis au magasin, « un noir évidemment ! » Et le pire, c’est que pris la main de le sac, il a eu le toupet d’aller se plaindre aux flics. Ça c’est sa version parce que Désiré -le délinquant fortement présumé, lui, ne raconte pas les choses comme ça. Il ne nie pas sa tentative de larcin mais refuse d’en assumer l’entière responsabilité. Parce que c’est beaucoup plus compliqué que ça en fait…
Derrière ce petit ouvrage gris se cache la régression d’une société individualiste et toujours aussi raciste. Chacun voit midi à sa porte. Mais jamais le marchand de chaussure n’aurait l’idée de passer le pas de cette putain de porte pour mieux comprendre la situation. C’est tellement plus simple de rester enfermé, butté dans ses préjugés rétrogrades que de s’ouvrir et d’essayer de comprendre son prochain, si différent soit-il. William Henne dénonce d’une pierre deux coups l’ahurissante perversité de la police de terrain, qui agit selon la gueule de la victime, selon la couleur de peau du prévenu, alimentant une supériorité sauvage et malsaine, nourrissant une justice inégale. Pour ouvrir les yeux à leurs lecteurs, Henne et Olislaeger, s’y prennent à l’envers. L’histoire -mineur à la limite, elle n’est que prétexte à démonstration- commence un soir et remonte le file de la journée, la journée de chacun des protagonistes. Et on y voit quand même plus clair à la fin.
Nicolas
23 Fevrier 2005
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W. Henne
F. Olislaeger
Editeur : Cinquième couche Mars 2005 - 38 Pages
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