Nic Oumouk est un gamin d’une cité de banlieue. Toujours partant pour enchaîner les mauvais coups à trois centimes, il espère devenir un vrai dur, toucher le pactole et mieux vivre. C’est sans compter sur une bande de racketteurs menée par le surnommé Yannick Noah et, surtout, sur un habitant de la cité qui, se prenant pour un super héros, devient Educator, la terreur de ceux qui osent commettre des fautes d’orthographe, et auquel Nic est souvent confronté.
Manu Larcenet - qui continue d’enchaîner les albums à la vitesse grand V ! - s’intéresse ici à un univers qu’il connaît bien : la vie en banlieue. Comme souvent, il prend les éléments les plus connus de son sujet et les passe à la moulinette de son humour corrosif, absurde et régulièrement tendre. Si l’univers de Larcenet se suffit évidemment à lui-même, on pense un peu ici à Vuillemin, Baru et Chauzy, pour le côté impitoyable et crade du premier et pour le sens du portrait social des deux autres. Si ce premier opus de « Nic Oumouk » n’est pas l’une des œuvres majeures de Manu Larcenet, ce dernier y approfondit son art de la peinture sociale, combinant encore et toujours un certain réalisme à une brillante caricature qui sonne plus vraie que nature.