Galaxy Express 999 T. 2
Une amoralité très seventies.
Tetsuro a promis à sa maman agonisante qu’il ferait tout son possible pour monter à bord du Galaxy Express 999, le train de l’espace, et trouver la planète où on peut recevoir gratuitement un corps robotisé. Car rares sont désormais les humains à conserver leur corps d’origine, si fragile et à l’espérance de vie si limitée. Testuro a la chance de rencontrer une jeune femme, Maetel, qui ressemble étrangement à sa mère et qui lui propose un billet pour embarquer avec elle à bord du mystérieux train spatial. Un voyage que certains disent sans retour.
Maetel et son protégé voguent donc à travers l’espace sidéral, de planètes en planètes, plus bizarres les unes que les autres : il y a Noolba, la planète informe, la planète dite historique, Lumpen et ses 1 765 millions de mendiants… A chaque escale de nouveaux dangers et de nouvelles surprises attendent Tetsuro. Heureusement, Maetel veille sur lui.
Cela vaut-il le coup de perdre ses organes d’homme si l’on ne peut plus apprécier le goût des aliments ? Faut-il aller au bout de sa vocation et devenir un professionnel dans l’âme ? Tel est le genre de questions qu’est amené à se poser Tetsuro au cours de son odyssée spatiale. Avec parfois, une morale des plus surprenantes (très seventies ? ou très libérale ?) : par exemple, sur la planète des mendiants, Tetsuro rencontre un jeune homme qui se révolte et préfère devenir un bandit. Entre les deux garçons, le courant passe et Tetsuro décide même d’aider celui qui aurait pu devenir son ami en lui confiant sa propre arme. Commentaire de la très pédagogique Maetel sur la famille que pourrait fonder ce révolté : « Leurs enfants n’auront jamais à demander la charité. Ils se battront ou voleront… Mais ils auront une grande force de caractère. (…) Grâce à tes cadeaux, ce voleur deviendra quelqu’un de fort et pourvu d’une détermination à toute épreuve, un grand homme qui ne trahira jamais ses amis… »
Cette œuvre du créateur d’Albator n’est pas un thriller haletant. Sa construction est assez simpliste, sa scène introductive très schématique : en 15 pages, Tetsuro perd sa mère, rencontre Maetel et s’envole dans l’espace. Mais l’objectif et la richesse de cette série sont ailleurs : dans la folie des planètes visitées, dans les allégories que celles-ci représentent, dans le cheminement des héros, dans le mystère de la nature cachée de Maetel.
Quant aux dessins ils sont typiques du manga avec, eux aussi, un côté années pattes d’éph’ et une jolie héroïne filiforme à souhait. Une curiosité décoiffante qui se laisse agréablement lire.
Vincent
30 Mars 2005
|
T. Matsumoto
T. Matsumoto
N&B
Editeur : Kana Collection : Shonen Kana Décembre 2004 - 272 Pages
|