Swamp thing T. 1
Racines
La pas si horrible chose des marais
Swamp Thing, la chose des marais, qui hantait le bayou de Louisiane a été abattue. Le milliardaire qui a fait libérer de prison le botaniste Woodrue, l'homme floristique, lui demande de percer les secrets de la gigantesque dépouille. Le bon professeur qui n'a que mépris pour la « vianditude » trouve le moyen de se venger de cet antipathique sauveur et de découvrir les mystères de Swamp Thing. Commence alors une cavale dans laquelle rien ne semble devoir arrêter la mégalomanie de Woodrue. Rien, sauf le plus étonnant allié des humains.
Alan Moore revisite le thème de Swamp Tthing, une des plus vieille figure de l'imaginaire populaire américain. L'horreur dégoulinante qui émerge de l'enfer glauque et spongieux du bayou pour enlever les jeunes femmes reprend du service. Même la maquette de cette première édition française joue à rappeler les pulps de l'entre deux guerres. On s'attend presque à trouver le gros tampon « 20ç » sur la couverture.< BR>
Pourtant, c'est encore une fois une grande modernité que le scénariste apporte au personnage classique. Cette aventure pleine de rebondissements lui permet de jouer avec la définition de la monstruosité. L'ingénieuse génèse de Swamp Thing interroge sur la définition de ce qui est humain et ce qui ne l'est pas. Le monstre poursuit une quête profonde, celle de son identité. Tout cela en respectant le ton de l'aventure fantastique et avec beaucoup d'action et une certaine naïveté.
Le graphisme est dans la tradition du comics d'antan. Le dessin à la plume, noir et blanc, fait assaut d'expressionnisme. Un régal pour les amateurs de ce qui fait l'essence même de la BD : une feuille blanche, une plume et de l'encre de chine. Si les compositions de planche, les cadrages sont plus modernes que le trait, ils donnent un rythme efficace à la narration. Bien sûr les dessins n'échappent pas aux écueils de ce style : quelques planches difficiles à lire et une poignée de dessins un peu mal fichus. Mais rien qui ne mette vraiment en danger la fluidité de lecture.
Alan Moore et sa bande redonnent de la fraîcheur, une vraie verdeur à un thème classique. Quelques scènes sont amusantes comme ce dialogues des super-héros DC isolés sur leur satellite et complètement dépassés par la folie de Woodrue.
Pour ne plus jamais regarder sa plante verte du même oeil.
Gwael
25 Mai 2005
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A. Moore
S. Bissette, J. Totleben
Editeur : Delcourt Collection : Contrebande Mai 1998 - 96 Pages
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