Travaux
BD Spaghetti
Alessandro Baggi fait partie de cette génération talentueuse de dessinateurs transalpins qui travaillent de façon stakhanoviste pour les petits formats du plus important éditeur italien de bandes dessinées : Bonelli. On doit, entre autres, à cet excellent dessinateur, la série “Dampyr” que l’on serait bien inspiré de traduire chez nous.
Soucieux de se confronter à un public français plus exigeant, ce grand admirateur des maîtres américains (Joe Kubert, Neal Adams…) avait déjà réalisé, en 2002, pour les éditions Mosquito (qui sont de plus en plus actives en ce qui concerne la mise en valeur des auteurs italiens), une BD inédite, entre horreur et humour : “L’affaire Loretta Stevens”. Le revoici avec un récit kafkaïen bien enlevé : alors qu’il a l’intention de retourner enfin au boulot après un long congé maladie, un brave homme se retrouve bloqué dans son minable immeuble de banlieue, lequel est en train d’être rénové par une curieuse entreprise de chantier.
Ce cauchemar, dessiné tout en trames et en quadrillages avec un noir et blanc fort réussi, rappelle les récits d’horreur américains. On pense particulièrement aux E.C. Comics du trop rare Bernie Krigstein ; ce dernier privilégiait souvent, avec originalité, la recherche graphique à toute forme narrative. S’il continue dans ce style, Alessandro Baggi risque, tel ce dessinateur culte, de devenir un modèle du genre ; d’autant plus que sa narration est d’une limpidité sans faille !
Gilles
08 Juin 2005
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A. Baggi
A. Baggi
N&B
Editeur : Mosquito Avril 2005 - 48 Pages
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