Week-end avec préméditation
La pente savoneuse des souvenirs
On rechigne un peu à y aller… mais on s'est promis de le faire, alors on s'exécute et on y va : on part avec un pote à la montagne, dans la maison familiale d'un troisième larron, où celui-ci nous avait conduit le temps d'un week-end. Mais il est parti, ce traître ! Il nous a laissés en plan. Un glissement, une chute… une vie qui part. Les souvenirs sont là pour recoller les morceaux, mais ils ne collent que ce qu'ils peuvent, que ce qui se présente à eux. De l'accident supposé, la mémoire essaie de déceler les traces en faisant une relecture des derniers instants vécus ensemble, le suicide apparaissant comme un possible spectre. Mais on n'en saura rien, jamais, et rechercher les pièces manquantes vaut bien un week-end de pèlerinage… avec préméditation.
Week-end avec préméditation s'ouvre avec deux personnages ; une page noire en guise de cloison, de filtre et les voilà trois… et ainsi de suite durant tout le récit. Si la narration s'habille périodiquement de ces cousins du fondu au noir cinématographique afin de distinguer le présent des flash-back, le dessin au pastel de Tirabosco travaille toutes les nuances qui vont du blanc au gris foncé, donnant ainsi aux personnages et à l'aventure une texture qui est celle des souvenirs eux-mêmes. Alors, quand on ferme le livre, on se sent un peu bizarre, car le voyage nous a rappelé des souvenirs similaires. Mais si l'on est triste, on l'est gaiement, car Wazem et Tirabosco n'ont jamais joué la carte des larmoiements.
Boris
21 Fevrier 2001
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P. Wazem
T. Tirabosco
N&B
Editeur : Humanoïdes Associés Décembre 2000 - 120 Pages
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