Number 5 T. 4
Délires artistiques sans contrainte
Personne ne semble en mesure d’entraver la fuite sanglante de Number Five et de la Matriochka. Quinze ans plus tôt, Number Five appartenait déjà à l’organisation armée pour la défense de la paix Rainbow. Mais il ne portait pas encore de numéro. Il était simplement le Lieutenant Yuri. Il assistait le Number Two de l’époque dans ses opérations coups de poing. Par exemple pour libérer un otage. Une manière forte qui n’était pas du goût de tous les leaders de Rainbow, et en particulier pas de celui du Number One d’alors. Les avis divergeaient déjà sur ce que devait être la vocation première de l’organisation : institution emblématique, populaire voire adulée ou véritable armée assurant à tout prix le maintien de l’ordre ? C’est à cette même époque que l’organisation a accueilli un nouveau membre, particulièrement brillant, et appelé rapidement à prendre le rang de Number One.
Avec Number 5, Taiyou Matsumoto se place en digne héritier du Métal Hurlant des débuts, celui de Moebius et de son Major Fatal. D’un dessin relâché, libéré et brillant, il met en scène une épopée très seventies, dont le fil directeur n’est pas des plus simples à suivre mais réussit toutefois à demeurer dans l’ordre du logique et du compréhensible. C’est un ouvrage étonnant, à la traduction soignée (comme c’est généralement le cas avec Thibaud Desbief), dont le côté imprévisible, ses atours parfois kitsch, sont aussi agaçants que séduisants.
Une BD à part, époustouflante, à adorer ou à honnir, mais indispensable à découvrir.
Vincent
06 Juillet 2005
|
T. Matsumoto
T. Matsumoto
N&B
Editeur : Kana Collection : Made in Japan Avril 2005 - 128 Pages
|