Ex Abrupto
Abrupto richissimo
Un cochon travaillant dans une usine et peignant à la suie, un oiseau aux portes de la mort, un contremaître-prison, un robot peintre abstrait, une troupe d’oiseaux amateur d’art ; voilà quelques-uns des ingrédients du dernier Larcenet aux "Rêveurs", Ex Abrupto, une fable animalière difficilement résumable.
En le prenant dans les mains, on est déjà frappés par le côté imposant et beau de l’album. Dès que l’on commence à le feuilleter, on découvre le graphisme magnifique et l’originalité qui s’en dégage. On savait que l'oeuvre de Manu Larcenet avait une facette moins connue, mais plus introspective et graphiquement très différente de ses autres travaux, qui se développait petit à petit au sein de cet éditeur joliment appelé "Rêveurs de Runes". Avec Ex Abrupto, Larcenet nous livre certainement son album le plus ambitieux à ce jour, artistiquement parlant. 256 pages de magnifique crayonné noir et blanc, sans texte, et d’une incroyable richesse, autant dans le fond que dans la forme.
Traitant à la fois, entre autres, de la mort, de l’art, et de notre monde trop industrialisé, Ex Abrupto est un album noir et violent dans le monde qu’il décrit, poétique et onirique dans sa façon de parler de la mort, et humain lorsque l’on suit les sentiments de ce cochon, héros de cet album marqué par la vie, à qui Larcenet a certainement donné des aspects autobiographiques.
On trouve également ici une vraie réflexion sur l’Art comme exutoire et moyen d’évasion, à la fois pour l’artiste et pour le spectateur.
Ex Abrupto est donc un album d’une richesse inouïe, que l’on peut redécouvrir à chaque lecture. Il marque certainement une nouvelle étape dans l’œuvre de Manu Larcenet, qui forme de plus en plus un tout cohérent, les liens entre les différentes facettes se dévoilant au fil des albums.
Une chronique signée JC
Invité
21 Septembre 2005
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M. Larcenet
M. Larcenet
N&B
Editeur : Les Rêveurs Collection : on verra bien Septembre 2005 - 256 Pages
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