Hellboy - Histoires bizarres T. 2
Histoires bizarres
Le démon et ses amis, le retour
Les incursions de Mike Mignola dans son propre imaginaire se faisant rares, le créateur de Hellboy confie depuis quelques temps ses personnages à d’autres dessinateurs. Tandis que la série BPRD exploite l’univers du Bureau de Recherche et de Défense sur le Paranormal après le départ de son principal employé, Hellboy : Histoires bizarres rassemble des récits d’auteurs très divers, proposant leur vision de ce monde sans souci de continuité.
Le fan de Hellboy trouvera donc ici, outre le démon rouge en pleine forme, Roger l’Homoncule, Abe Sapien l’homme-poisson ou Kraus le pur esprit : tout le BPRD en charge d’enquêtes plus ou moins sérieuses mais toujours inattendues. Les monstres de tous poils n’en finissent pas d’être éradiqués de la surface de la terre, par des agents paranormaux qui ne rêvent souvent que de repos ; une légère ironie est de mise comme dans les autres séries, mais à des niveaux différents selon les 12 récits de ce volume.
Mignola a tenu à ce que les différents auteurs en charge expriment des visions personnelles de son univers ; il est donc logique que le résultat soit assez disparate, entre le ton parodique de Jill Thompson qui étudie la composition des décors de la série et le premier degré de la bagarre selon Ron Marz et Jim Starlin. Malheureusement, on ne peut s’empêcher d’éprouver une sensation de brouhaha, voire d’incohérence. L’amateur des personnages y trouvera sans doute son compte, mais le néophyte aura tout aussi vraisemblablement du mal à s’y retrouver.
Quelques images valent pourtant la peine qu’on s’y arrête : il est plaisant de voir Craig Thompson (Blankets) ou Frank Cho (Liberty Meadows) donner leur version du mythe, le tirant vers Jérôme Bosch ou vers Tarzan. De son côté, l’étonnant Scott Morse consacre quelques planches aux vacances zen de Hellboy dans le parc du Yosemite. Du pastel à la multiplication des effets photoshop, on apprécie l’éventail des techniques.
Mignola vient tout de même justifier sa signature par le dessin de la couverture et par une postface intéressante, où on apprendra par exemple l’origine du titre Histoire bizarres. Weird Tales, en version originale, se réfère au pulp magazine des années 1920 à 1950, où ont été publiés H.P. Lovecraft et Robert E. Howard. Un large pilier pour comprendre un peu mieux ce qui nous a valu Hellboy.
Une chronique signée Clément
Invité
14 Décembre 2005
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M. Mignola
Collectif
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Editeur : Delcourt Collection : Conquistador Novembre 2005 - 144 Pages
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