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Un peu de fumée bleue
... et d'eau de Rose
Une auberge toute en bois sur une colline enneigée à la nuit tombante. Un vieux bus monte la pente. Un voyageur en descend, il porte pour tout bagage un petit sac à dos rouge. On ne saura jamais son nom, il restera " Le Voyageur ". A une table de l'auberge, des habitués jouent aux cartes. Derrière le comptoir trône la plantureuse Olga. Le voyageur lui plaît mais... " oubliez ça ! ". Sur un côté du zinc Laura, sa fille, joue avec ses cigarettes. Des cigarettes avec un bout de poème écrit sur chacune d'entre elles. Le voyageur connaît le poème. Les deux jeunes gens se mettent à lier conversation. Elle durera toute la nuit...
Laura confiera son histoire d'amour avec un prisonnier. L'auberge est sur le trajet qui, sous l'ancien régime, menait les prisonniers de leur cellule à la caserne où les attendaient leurs bourreaux. La route entre les deux s'appelle La Route des dames. De même que l'auberge. Car sur cette route, les mères, les femmes, les maîtresses des prisonniers regardent furtivement passer l'amour de leur vie, lui font signe, lui offrent quelques paroles... Laura, elle, se joint à ces malheureuses pour soutenir tous les prisonniers, sans exception. Jusqu'au jour où elle est surprise par la foudre d'un impossible amour.
Denis Lapière est un Auteur avec un grand A. Ses BD ne sont pas nécessairement toutes des réussites absolues, mais elles sont toutes justes, tendres, humaines et crédibles. Que ce soit quand il écrit des scénarios à destination des enfants (Ludo, Oscar) ou que ce soit dans ses livres pour les plus grands. Le Bar du vieux français mis en image par Stassen et la Dernière des salles obscures avec Gillon sont de petits bijoux qui devraient figurer dans les bibliothèques de tous les Bdphiles qui se respectent. Un Peu de fumée bleue également. Cette histoire d'amour à l'extrème lisière du mélo est pleine de pudeur et surtout de tendresse pour ses personnages. Olga, la mère croqueuse d'hommes, Laura la fille idéaliste et passionnée, Ludvik, le prisonnier aspiré par la haine, personne n'est jugé, chacun est rendu avec justesse. Pas de salaud, seulement des visions, des parcours différents.
Ruben Pellejero anime l'histoire de son trait épais et vivant, de ses cadrages variés, posant sa caméra aux quatre coins de la chambre pour raconter la fièvre amoureuse de ses occupants, serrant un visage, un rond de fumée puis redonnant à voir la pièce dans son intégralité pour bien resituer l'action. Du grand art, tout simplement.
Vincent
10 Janvier 2001
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D. Lapière
R. Pellejero
R. Pellejero
Editeur : Dupuis Collection : Aire Libre Décembre 2000 - 80 Pages
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 © 2000 D. Lapière, R. Pellejero - Dupuis
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05 Avril 2006 De certaines BD, on ne cesse de vous parler et de vous en conseiller la lecture, une lecture que l'on retarde sans raison, peut être par souci de contradiction avec l'unanimité que ces oeuvres inspirent. on m'a conseillé La fumée bleue ; je l'ai lu et je me rends donc à l'avis général : c'est fort bien ! voilà du bel artisannat ! Le dessin est réussi, j'apprécie particulièrement les couleurs qui accompagnent soutiennent le récit de manière fort réussie. quant à l'histoire, on est pris par l'histoire sans trop savoir pourquoi, on observe par les yeux d'un personnage, on boit un café, l'odeur d'une cigarette, on est témoin enfin on pense être témoin jusqu'à cette toute fin où... l'on plonge dans la bibliothèque à la recherche du poème de Corbière. red neck
03 Mars 2002 FANTASTIQUE! Un tout grand professeur de français me la conseillé et j'ai été émerveillé. Merci Mr Marschal. Luc
16 Janvier 2001 Splendide cette histoire d'amour. J'ai rarement autant été ému que par cette venture-ci. Patrick
12 Janvier 2001 Enfin une BD vraiment envoutante. Un scénario troublant qui vous enveloppe d'une atmosphére moite et lourde, des dessins tranchés presque agressifs, une magie des sentiments et des derives de chacun.Les personnages ont une présence et une force remarquable. La fumée des cigarettes degage une odeur bien singulière : celle d'un véçu où l'on laisse emporté... Ymallia
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