Les précieuses ridicules
Du Molière malgré lui
Fille et nièce d’un brave bourgeois, Magdelon et Cathos ne rêvent que de noblesse et de bel esprit. Avides d’un monde qu’elles ignorent mais qui les fascine, elles dédaignent les louables efforts de deux amants potentiels (mais peu joueurs de cet air « précieux ») : La Grange et Du Croisy. Ces derniers, vexés de n’avoir pas été correctement reçus, décident de donner une bonne leçon aux deux effrontées.
On ne peut reprocher à Vents d’Ouest d’avoir tenté d’adapter Molière en Bande Dessinée. Dans le fond, si ce média avait permis à certains jeunes lecteurs de découvrir le génie du grand Poquelin, tout aurait été pour le mieux... Mais voilà, la tentative est ratée. Pire, cette déclinaison de la pièce « Les Précieuses ridicules » en BD sonne faux au point de rendre inintéressant l’ensemble, texte intégral inclus.
Les décors n’apportent strictement rien et les expressions des visages restent trop limitées. Le plaisir d’imagination qui accompagne les pièces de Molière est ainsi réduit, voire annihilé. Il suffit qu’une expression de visage soit traitée avec un tantinet de légèreté et c’est le dialogue qui perd son sens. La mise en scène de Léturgie est cohérente, mais ne donne aucune force ou vigueur à l’ensemble. A se demander si un autre style que le « Gros nez » aurait permis de limiter les dégâts. Léturgie évolue dans un univers qui n’est pas le sien, de tous points de vue, et ça se sent.
La manie d’adapter tout ce qui est connu par le grand public en Bande Dessinée ne donne pas un résultat valable à chaque fois. Le résultat peut même être détestable lorsque l’œuvre de départ est un chef d’œuvre. La démonstration étant faite, espérons que le massacre s’arrête avant que l’œuvre de Shakespeare y passe.
Une chronique signée Francis
Francis
12 Octobre 2005
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S. Léturgie
S. Léturgie
J. Léturgie
Editeur : Vents d'Ouest Collection : Commedia Septembre 2005 - 112 Pages
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