Publiée dans de nombreuses revues, la série Dilbert est devenue une référence de la critique du milieu professionnel via par la Bande Dessinée. Il était donc urgent d’éditer les aventures du sympathique cadre informatique moyen en albums. Malheureusement pour Scott Adams, personne ne s’est visiblement penché sur ce Tome 1 pour lui donner toute la maestria qu’il méritait.
Dès la première planche, les histoires s’enchaînent sans logique. Des séquences mettant progressivement en scène les personnages principaux auraient peut-être pu être proposées dans les premières pages en guise d’introduction. Certes, Dilbert est une série « connue » et le lecteur ne sera pas forcément perdu dans un album sans repères, mais il aurait été préférable de permettre au non initiés de goûter petit à petit à la personnalité des différents protagonistes avant de les noyer dans l’infinité des thèmes abordés.
Le travail de Scott Adams n’en reste pas moins distrayant. Cet auteur a passé de nombreuses années à travailler dans des bureaux et ça se voit. Des injustices flagrantes aux petites hypocrisies de la hiérarchie, chacun se reconnaîtra dans un des personnages principaux. Reste les limites de la traduction. De nombreuses séquences témoignent des difficultés rencontrées par le traducteur pour faire vivre en français des réparties autrement plus efficaces en version originale.
Dilbert c'est de l'acidité concentrée. Tous les travers de la vie d'entreprise type ultralibérale sont mis en relief par des strips court et bien sentis. Il est par contre dommage que cet album ressemble trop à un pot-pourri désorganisé. Certain lecteurs se sentirons peut-être déstabilisés par le manque de repères et de liant entre les sketch. On passe tout de même un bon moment d'humour cynique et désabusé. Gwen