Un jeune adulte, apparemment simple d’esprit, quitte sa campagne natale pour se rendre dans une grande ville. Il se heurte à un univers inconnu et répond à sa violence par une autre toute personnelle, mais particulièrement sanglante et génératrice de cadavres. Le commissaire Édouard Mornières, chargé d’élucider ces crimes, est lui aussi un être en proie à l’incompréhension, mais pour sa part, il accepte de s’effacer au profit de ses collègues ou de sa famille.
Ce premier tome de « Ronces » diffuse d’étranges sensations. Le découpage et les cadrages de Nesmo sont d’abord un peu trop systématiques, manquant d’ellipses, tout en étant souvent très habiles lorsqu’ils découpent un même dessin en plusieurs cases et y font déambuler à plusieurs reprises un même personnage. Par ailleurs, si l’extrême solitude des personnages principaux peut paraître caricaturale, elle met mal à l’aise et touche véritablement. Mais le plus grand malaise provient de la description cauchemardesque de la ville présentée ici : toutes les références rétro renforcent sa dimension claustrophobique et certains éléments - comme ces immeubles-pelleteuses - sont magnifiques. Racines électriques est donc un album imparfait, voire fragile, mais véritablement prenant.
Un bien beau et excellent travail qui nous plonge dans un univers "intemporel" où se mèle le passé, le présent et un futur fantastique. La symbiose entre un graphisme extrèmement soigné (merci Nesmo, pour un premier album c'est remarquable) et le scénario très précis (on retrouve là l'excellent Morvan) est un régal pour les yeux et l'imaginaire dans lequel on se plait à se laisser emporter. J'ai hate de connaitre la suite Eddie Cochran Eddie Cochran