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Le Sourire du clown T. 1
Premier tome
Altersarkozysme
L'un est distant et bougon, l'autre est sociable et jovial. Ils vivent aussi modestement qu'harmonieusement dans une petite roulotte qu'ils conduisent de cités en banlieues. S'ils ont raté leur carrière de clowns, ils n'ont pas foiré le principal: accrocher des sourires aux visages des gens d'en bas, d'ici ou d'ailleurs. L'un d'eux, un p'tit blondinet aux yeux bleus, s'est lié d'amitié avec le gros monsieur rigolo. ça n'a pas plu à sa mère. Elle lui a effacé le sourire. Grocko a été abattu d'une balle dans la tête. Le gamin ne s'en remettra pas. Le quartier des Hauts-Vents non plus.
Une année a passé. La folie présumée de la bonne du curé n'a pas été oubliée mais la vilaine a soigneusement été internée. La garde de son traumatisé de fils a été attribuée à son oncle et à sa tante. Le curé, lui, s'est carrément barré. Clock, le clown plus que jamais triste, s'est sédentarisé. Il a mis sa dignité de côté le temps d'un peu de mendicité. Mais hanté par son alter ego mort beaucoup trop tôt, il va finir par se faire violence et former gracieusement les jeunes qui le souhaitent à l'école du cirque et à l'art de la musique. Oh pas grand chose, mais un rêve ambitieux: offrir les premiers sourires de l'an 2000 aux habitants des Hauts-Vents. Le chapiteau cache la misère mais ne demande qu'à s'envoler. Et à la première rafale, il pleut des cocktails Molotov. Il suffit juste d'attiser un peu le feu pour que ça s'embrase.
Le sourire de Nicolas Sarkozy
On connaissait Sarko le pyromane mais on ne soupçonnait pas que notre populiste ministre de l'intérieur avait quelque compétence innée en tant qu'attaché de presse. En grattant l'allumette qui allait enflammer les banlieues, il n'imaginait probablement pas qu'il ancrerait "Le Sourire" dans l'actualité. Il n'en sait certainement toujours rien d'ailleurs. Il a d'autres voyous à fouetter que de lire à l'arrière de sa Vel Satis cet éclairage visionnaire sur le calvaire populaire et précaire des ghettos à la française. Triste anticipation dans l'air vicié du temps. Certes la source incendiaire n'est pas la même mais la mèche se consume exactement pareil. Et selon le point d'observation, on ne voit pas la même chose. Surtout lorsque notre attention se concentre sur les flammes. J'exagère peut-être un peu -qui aime s'aveugle- mais c'est presque un geste citoyen que de lire "Le Sourire du Clown". En tout cas, c'est assurément différent et forcément complémentaire de l'information parcellaire diffusée à la télévision stigmatisatrice de djeunes mal élevés qui tyranisent la petite mamie du rez-de-chaussée à longueur de journée, ce serait trop simple. Luc Brunschwig a un sens aigu de la psychologie humaine et le moindre de ses personnages est joué à la perfection, sans fausse note. Le casseur n'a pas ça dans le sang, le manipulateur, si! Passez votre route si vous voulez des bons sentiments et des contes de fée, vous n'aurez là que la vie telle qu'elle est, et peu importe si ça fait mal au coeur.
Le sourire de l'éditeur
Brunschwig sait raconter les histoires, Hirn, Laurent de son prénom, sait les dessiner. On le savait talentueux mais là, il casse la baraque à l'aquarelle. C'est graphiquement somptueux. La couleur a été affinée à l'ordinateur et l'épaisseur granuleuse du papier choisi par Futuro (on a l'impression qu'on a carrément 64 pages de papier Canson) sublime l'objet: L'expressivité de Djin, notamment (l'ado muet et meurtri), les ambiances, souvent maussades et taciturnes, les regards -bon sang les regards!!!- Tout accapare, fascine le lecteur. Au bout du compte, on haït ces deux auteurs de ne pas avoir claqué le One Shot direct mais surtout, on ne referme pas vraiment ce foutu bouquin. Il reste dans un coin de la tête. D'ailleurs, il reste là, à vue, quand les autres bandes dessinées du moment ont déjà trouvé une place dans la bédéthèque. Il s'est passé quelque chose avec Le Sourire, comme si on n'avait été piqué au vif. ça va passer!
Le sourire du lecteur
A écouter Luc Brunschwig, Le Sourire du Clown est une oeuvre de maturité. C'est un peu prétentieux quand on connaît la qualité de sa production -il faut dire qu'il avait déjà mis la barre très haute avec "Makabi" (à lire si ce n'est pas déjà fait), L'esprit de Warren (le quatrième et dernier tome est sorti récemment chez Delcourt) et bien sûr Le Pouvoir des innocents- mais si ça veut dire que toutes les bandes dessinées qu'il va nous sortir désormais sont, au moins, de cet acabit là, je signe tout de suite. Que les choses soient bien claires: Le Sourire est rien de moins que le début d'un chef-d’oeuvre. Un incontournable, un incontestable, un must à ne pas rater dans la liste interminable des BD éditées cette année.
Nicolas
23 Novembre 2005
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L. Brunschwig
L. Hirn
L. Hirn
Editeur : Futuropolis Novembre 2005 - 64 Pages
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 © 2005 L. Brunschwig, L. Hirn - Futuropolis
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10 Mars 2007
MHUT
08 Fevrier 2007 Groko et Clock sont des clowns, cela fait aujourd’hui 3 semaines qu’ils se sont installés dans la cité des Hauts Vents. Djin, jeune gamin du quartier s’est éprit de Groko et passe tout son temps avec lui. Suite à un malentendu, Groko se fait froidement assassiné par la mère de Djin, choqué émotionnellement ce dernier perdra la voix et plus aucune émotion ne pourra se lire sur son visage.
Brunschwig m’avait déjà agréablement surpris avec le pouvoir des innocents ou l’esprit de Warren, mais il tape très fort ce coup ci. Le scénario est splendide, j’ai retenu des larmes tout au long de la lecture de ce tome si réaliste et si dur. L’amitié que portait Djin à Groko était stupéfiante et Brunschwig nous le fait bien ressentir. En plus, d’être beau, de faire réfléchir et d’être surtout poignant, l’intrigue est continuelle. Il y a dynamisme constant, c’est magnifique. Je ne serais dire ce qui m’a fait aimé ce livre, l’ensemble sans doute : le scénario vous retournent les tripes, les dialogues sont remarquable, la réaction des différents protagonistes est très bien imaginé… Je n’en attendais pas moins de cet auteur. Hirn que je connais grâce à ces prestations précédentes m’a totalement conquit avec ses dessins. En plus que les visages soient dessinés de manière admirable avec nombre de traits et de superbes couleurs, le talent de Hirn se voit grâce aux expressions qu’il donne aux visages des différents protagonistes ; on sait ce qu’ils pensent et ce qu’ils ressentent, je pense par exemple à Clock qui est dessiné de façon remarquable. Les figures sont intéressante, mais en plus le dessinateur laisse planer une ambiance plus ou moins chaotique, l’atmosphère qu’il donne aide beaucoup au dynamisme de ce premier tome.
Il m’est difficile d’expliquer ce que j’ai ressenti en lisant cette BD, scénario comme dessin sont admirables, c’est émouvant, j’ai été subjugué.
bourle
19 Aout 2006 Une production incomparable, admirable de dureté et de réalité. Incontournable et nécessaire. Raleur
10 Fevrier 2006 Dessins splendides ! Pas grand chose à ajouter après Diane et Davidson. La suite se fait dejà attendre. laurent
10 Janvier 2006 c'est vrai, et merci à vos critiques qui m'ont décidée à acquérir cet album, c'est un bijou ! subtil, poétique voir prophétqiue, que de qualités ! un histoire de banlieue, non située, triste comme beaucoup d'endroits et deux clowns... alors se déclanche le polard, intrigant, violent et traumatisant pour de nombreux protagonistes de l'histoire ... les personnages sont fouillés, chacun semble vivre sous les "pastels"... c'est incroyablement réaliste avec le brin de poésie qui rend supportable ce machiavélisme sordide. bravo... c'est un travail impeccable !
Diane
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