Le Philibert de Marilou
Nous sommes tous des monstres
Marilou est une femme d’une trentaine d’années, célibataire, et que ses amis cherchent à caser par le biais de rencontres plus ou moins arrangées. Et cela semble marcher lorsque l’une de ces soirées l’amène à rencontrer Christophe. Mais c’est sans compter sur Philibert, le monstre difforme vivant avec Marilou et d’une jalousie maladive…
Voilà un album vraiment atypique. On a l’impression lorsqu’on l’a en main, en le feuilletant et si l’on se fie au titre, que l’on va lire une petite chronique de la vie sur une jeune femme cherchant le grand amour. C’est effectivement le sujet de cet album, mais il prend pour cela une voie totalement différente que ce que l’on peut avoir l’habitude de lire. Dès la troisième page, on entre dans l’étrange, et au fil de la lecture, un sentiment de mal à l’aise nous envahit.
Tout d’abord, le lien unissant Marilou à son Philibert est extrêmement puissant, voire fusionnel (au sens propre). On sent que l’une ne peut vivre sans l’autre, et vice-versa. Pourtant, Marilou se sent parfois étouffer sous le poids de cette relation qui lui ôte toute vie sociale. Sa rencontre avec Christophe est en quelque sorte sa bouffée d’oxygène, même si elle n’en est pas heureuse pour autant. On assiste alors à la descente aux enfers d’une Marilou incapable de concilier les deux aspects de sa vie.
Le trait magnifique de Capucine est parfaitement adapté au côté chronique de cette histoire concoctée par Olivier Ka, tout en en amplifiant la part d’étrangeté.
Et puis quelle est la véritable nature de Philibert ? Est-ce le sentiment de monstruosité tapi en chacun de nous ? Cette chose qui peut parfois nous polluer l’esprit en nous empêchant de pleinement profiter de notre bonheur ? La matérialisation d’un mal-être inhérent à nombre d’entre nous ? Ou tout cela à la fois ? Beaucoup d’interprétations sont possibles, et c’est aussi cela qui fait la richesse de cet album.
Le Philibert de Marilou est donc un album original et vraiment dérangeant. Le lecteur est malmené pour son plus grand bonheur, et une fois refermé, Marilou et son Philibert nous accompagnent encore pendant un long moment.
Une chronique signée JC
Invité
07 Décembre 2005
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O. Ka
Capucine
N&B
Editeur : Le Cycliste Novembre 2005 - 56 Pages
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