Carnet de voyages - Loustal T. 5
Carnets de voyages 2003-2005
Invitation aux voyages
Pour la cinquième fois, Loustal nous livre une large poignée de dessins du monde, souffles de repos entre deux bandes dessinées. Il en profite donc pour nous raconter la vie sur d’autres continents, en soulignant les petits détails insolites. Ainsi, il reproduit les trois principales coupes de cheveux à Conceptión : Franck, Cadette, Caracol. Plus loin, il nous explique la pratique du sundowner en Namibie, qui consiste à aller prendre un verre au milieu des bêtes sauvages en contemplant le coucher du soleil.
On se transforme, le temps de parcourir ce carnet de voyages, en l’œil de Loustal. Celui qui s’arrête devant les paysages majestueux comme celui qui s’attache à un détail furtif. L’artiste qui réinvente le décor au gré d’un verre de grappa ou d’un mouvement trop rapide, et le touriste qui recopie laborieusement une étiquette d’alcool fort. C’est plutôt flatteur de suivre ces mouvements optiques, ces passages du plan d’ensemble au gros plan, avant de retrouver le plan d’ensemble. On se sent soi-même globre-trotter, soi-même œil en balade.
Comme tout carnet qui se respecte, celui-ci vire parfois au pense-bête, ou au conseil au voyageur : « relire l’Odyssée en rentrant », « prévoir de passer un mois entier à Barchan Dunes ». Car les mots accompagnent souvent le trait.
Les dessins de Loustal s’étalent sur trois années, ce qui permet de retrouver côte à côte château napolitain, marché bolivien et île de mer d’Andaman. Des décors disparates, réunis sans autre raison qu’un goût pour les couleurs chaudes et un regard serein. Maroc oriental, les îles Eoliennes, Irlande, Ouro Preto (Brésil), la Réunion, Bolivie, Koh Yao (Thaïlande), Namibie. Un fil conducteur : le soleil, même pour les croquis au feutre noir. Mais du voyage, des ses aléas, des anecdotes, nulle trace ou presque. Il s’agit de retrouver les souvenirs d’un œil, perdu dans les paysages.
On regrettera donc cette forme d’incohérence, ce passage brutal d’un continent à l’autre sans autre explication, mais on admettra malgré tout le charme d’une série de prises de vue.
« J’ai gravi la dune n°45, suis resté là-haut un bon moment à regarder le désert rouge. »
Une chronique signée Clément
Invité
01 Fevrier 2006
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J. de Loustal
J. de Loustal
J. de Loustal
Editeur : Seuil Janvier 2006 - 120 Pages
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