Le Dessinateur, la colline et le cosmos
A la recherche de la main perdue
Dans l’usine de création du monde, un dessinateur est puni pour avoir imaginé un animal inadapté (en fait, un rhinocéros). Pour éviter qu’il ne continue à nuire, on lui supprime sa main droite, remplacée par une gauche. Dès lors, ne pouvant plus dessiner, il va parcourir ce monde en construction, accompagné par son imagination débordante désormais inutile, l’animal qu’il a créé, un bout de pelouse et une colline.
Le dessinateur, la colline et le cosmos est le premier album prometteur d’un tout jeune auteur, Jérôme Anfré. Il y montre une imagination débridée, qui pourrait se situer quelque part entre Douglas Adams, Fred, et Terry Gilliam. Il arrive dans cet album à créer un monde qui construit des mondes parfaitement cohérent et inventif. Il parvient parfaitement à imaginer les rouages de ce qui est finalement une entreprise, même si aucune notion financière n’est présente, avec sa hiérarchie et les êtres qui la composent. Ces rouages se dévoilent tout au long de l’album, et l’on éprouve une certaine jubilation à les découvrir au fil des pages.
Cependant, on ne trouve pas que cela dans Le dessinateur, la colline et le cosmos. Jérôme Anfré nous décrit également le processus créatif de tout artiste. Une fois privé de sa capacité à dessiner, le héros se retrouve totalement écrasé par son imagination, sans pouvoir se l’ôter de l’esprit par le dessin. On rentre là vraiment dans le fond du sujet, à savoir la nécessité d’un exutoire. Pour tout artiste, cet exutoire est son art, et ne plus pouvoir s’y adonner est comme l’impossibilité d’assouvir un besoin vital.
Même si on peut regretter que le graphisme de certaines cases trahisse la jeunesse de l’auteur, voilà donc un album extrêmement inventif, onirique et drôle qui nous permet de voyager loin de ce que l’on peut avoir l’habitude de lire. Et qui permet à Jérôme Anfré de faire une entrée remarquée dans le monde de la bande-dessinée.
Une chronique signée JC
Invité
25 Janvier 2006
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J. Anfré
J. Anfré
N&B
Editeur : La Boîte à bulles Collection : Contre-jour Janvier 2006 - 128 Pages
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