Un illustre inconnu achète sur un marché aux puces une veste dans laquelle il trouve une boîte de pilules. Il avale l’une d’elles et, immédiatement, attire l’attention des personnes qui se trouvent autour : elles voient en lui quelqu’un de célèbre. Mais cet effet magique n’est pas définitif et, une fois dissipé, l’utilisateur redevient un anonyme comme les autres.
Célébritiz est une œuvre noire, désenchantée - cynique ? - sur la société occidentale contemporaine dévorée par ses outils de communication et par sa fascination pour ce qu’est censée offrir la célébrité. Comme fréquemment chez Lewis Trondheim, tout part ici d’une idée simple poussée à son paroxysme et cela conduit à un absurde débridé où tout est possible. Dans le genre, Célébritiz est l’un des scénarios les plus obsessionnels de Trondheim et c’est l’une de ses principales forces. Si Trondheim va jusqu’au bout de ses idées, il fait de même pour les dialogues et le vocabulaire qui les compose. Doté d’un aspect seventies, le dessin dynamique de Ville Ranta est le juste reflet graphique de ce scénario débridé : les personnages paraissent élastiques comme de la pâte à modeler, ce qui leur permet d’amortir davantage les chocs de l’existence auxquels le scénario les soumet.
ça pour être délirant, c'est délirant! malheureusement, si les 10 premières pages sont très rigolotes, je trouve le reste de l'album un tantinet répétitif... anne